CAPITAINE DE LA CALYPSO
retta-Singer, qui appartient au Musée océanographique de
Monaco ; sans compter la soucoupe plongeante, que je pilote.
La vie n’est pas douce, pour ces pionniers dont j’admire
deux fois par jour les efforts, quand je leur rends visite en
soucoupe plongeante ou en scaphandre. Le générateur de froid
(le cryogénérateur) devient la vedette imprévue de l’expérience. Il a des ratés. Il lâche du froid où il faudrait du chaud,
et du chaud où la température est déjà équatoriale. Le taux
d’humidité avoisine cent pour cent. Et la communication entre
les hommes n’est pas aisée, ce qui est source d’énervements :
l’hélium, qui remplace l’azote dans cette atmosphère artificielle, provoque une distorsion des sons. Les voix humaines
sont déformées : haut perchées, nasillardes, elles feraient
passer la maisonnée de Précontinent III pour une succursale
de Donaldville...
« Rien n’est plus irritant que de parler comme un canard,
raconte André Laban au téléphone (avec une superbe voix de
coin-coin!)... J’ai l’impression de me trouver dans une bassecour de ferme. Une autre modification de nos sens concerne
l’odorat. Nous n’en avons plus... Ou plutôt, nous avons
l’impression de ne conserver qu’un fantôme d’odorat. Désagréable...
— Le taux d’humidité, renchérit Yves Orner, est probablement à l’origine du fait que nos bobos ne cicatrisent pas...
— La pression, indique Christian Bonnici, nous oblige à
rééquilibrer sans cesse nos sinus et nos oreilles. Nous avalons
comme des carpes !
— Nous nous fatiguons beaucoup plus vite qu’en surface,
ajoute Philippe Cousteau; et nous n’avons pas beaucoup
d’appétit...
— En réalité, conclut Jacques Rollet, nous dormons tout
aussi mal. Après Le Monde sans soleil, voici Le Monde sans
sommeil... »
A part ça, le moral est bon.
En surface, où nous surveillons grâce à des circuits de
télévision le comportement des océanautes, nous sommes
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