DONALD LE CANARD
la Méditerranée à ce qu’elle fut du temps que j’apprenais à
nager, dans ma calanque de Sormiou. Quel effondrement...
Nous voguons jusqu’à La Spezia, en Italie, où nous prenons
livraison d’une commande spéciale du commandant Cousteau : une tourelle de plongée Galeazzi. Grâce à ce caisson
cylindrique, à l’intérieur duquel on peut faire varier la
pression, nous descendons sans crainte en scaphandre autonome à des profondeurs que nous ne pouvions pas gagner sans
risque jusque-là; et nous y restons longtemps. A la remontée,
vers cinquante ou soixante mètres de profondeur, la tourelle
nous attend au bout d’un filin. Nous nous y engouffrons par un
sas. Nous refermons le panneau. La grue nous hisse sur le pont
de la Calypso. Et nous pouvons passer — au sec, au chaud et en
sécurité — les longues heures de décompression que nous
n’aurions jamais supportées en pleine eau... Grâce à cet engin
(une cabane sous la mer, en quelque sorte !), nous pouvons en
outre plonger plus souvent avec des mélanges respiratoires
binaires (oxygène/hélium) ou ternaires (oxygène/hélium/
azote).
Recherches en optique aquatique au voisinage du Stromboli : le volcan crache des étincelles ; c’est un des plus beaux
feux d’artifice qu’il m’ait été donné de voir. Plongées en
soucoupe à Port-Vendres. Etude de la pollution par les boues
rouges dans le golfe de Corinthe, en Grèce... Je constate de
plus en plus qu’à une scène de nature superbe succède un
spectacle de saccage ou de désolation imputable à la méprisante saleté des hommes. J’ai mal à ma mer, quand je la vois
ainsi offerte aux égouts, aux effluents d’usines, au cancer de
1 urbanisation, au tourisme ravageur ou à la surpêche industrielle.
En 1965, dans une série de croisières océanographiques, les
professeurs s’abattent de nouveau sur la Calypso comme une
volée de gabians sympathiques : Lacombe, Tchernia,
uraour, Picard, Ivanoff, Vaissière ; des décimètres cubes de
227
la Méditerranée à ce qu’elle fut du temps que j’apprenais à
nager, dans ma calanque de Sormiou. Quel effondrement...
Nous voguons jusqu’à La Spezia, en Italie, où nous prenons
livraison d’une commande spéciale du commandant Cousteau : une tourelle de plongée Galeazzi. Grâce à ce caisson
cylindrique, à l’intérieur duquel on peut faire varier la
pression, nous descendons sans crainte en scaphandre autonome à des profondeurs que nous ne pouvions pas gagner sans
risque jusque-là; et nous y restons longtemps. A la remontée,
vers cinquante ou soixante mètres de profondeur, la tourelle
nous attend au bout d’un filin. Nous nous y engouffrons par un
sas. Nous refermons le panneau. La grue nous hisse sur le pont
de la Calypso. Et nous pouvons passer — au sec, au chaud et en
sécurité — les longues heures de décompression que nous
n’aurions jamais supportées en pleine eau... Grâce à cet engin
(une cabane sous la mer, en quelque sorte !), nous pouvons en
outre plonger plus souvent avec des mélanges respiratoires
binaires (oxygène/hélium) ou ternaires (oxygène/hélium/
azote).
Recherches en optique aquatique au voisinage du Stromboli : le volcan crache des étincelles ; c’est un des plus beaux
feux d’artifice qu’il m’ait été donné de voir. Plongées en
soucoupe à Port-Vendres. Etude de la pollution par les boues
rouges dans le golfe de Corinthe, en Grèce... Je constate de
plus en plus qu’à une scène de nature superbe succède un
spectacle de saccage ou de désolation imputable à la méprisante saleté des hommes. J’ai mal à ma mer, quand je la vois
ainsi offerte aux égouts, aux effluents d’usines, au cancer de
1 urbanisation, au tourisme ravageur ou à la surpêche industrielle.
En 1965, dans une série de croisières océanographiques, les
professeurs s’abattent de nouveau sur la Calypso comme une
volée de gabians sympathiques : Lacombe, Tchernia,
uraour, Picard, Ivanoff, Vaissière ; des décimètres cubes de
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