CAPITAINE DE LA CALYPSO
missions d’océanographie biologique ou d’étude de la radioactivité de l’eau entre la Côte d’Azur et la Corse.
Nous entamons 1964 en jouant Vile mystérieuse ; non pas le
roman de Jules Verne : l’île qui nous occupe est une bouéelaboratoire révolutionnaire, conçue par le commandant Alinat
et réalisée sous la direction de l’ingénieur J. Picard. Elle se
compose d’un « pied » et d’une « tête ». Le pied (un cylindre
de soixante-neuf mètres de longueur et d’un diamètre de deux
mètres) s’enfonce de cinquante-deux mètres dans l’eau. Il
porte quatre laboratoires superposés, couronnés par une piste
d’atterrissage pour hélicoptère située à dix-sept mètres audessus des vagues. Six personnes vivent à bord de ce qui
constitue la plus moderne et la plus hardie des stations de
recherches marines au large. Un ascenseur de trente-cinq
mètres unit les compartiments supérieurs aux points de travail
submergés.
Nous remorquons Vile mystérieuse sur le site d’essais que le
Pacha a choisi : l’extrémité sud de la rade de Villefranche-surMer, entre Nice et Monaco. Servie par le navire Espadon, la
bouée subit les tests prévus. Tout fonctionne : les échantillons
d’eau, de sédiment et de plancton, immédiatement analysés,
fournissent une moisson de données nouvelles.
Nous tirons Vile mystérieuse jusqu’en un point situé à midistance de Nice et de la Corse. Ancrage profond. Plusieurs
équipes se relaieront à bord pour le plus grand profit de
l’océanographie physique, chimique et biologique1.
V Le
février 1965, la bouée sera partiellement détruite par un incendie • un
VTb C1^?uit ans 1 ascenseur. Nous sauverons de justesse l’équipage. Réhabi itee,
mjs eneuse permettra une incroyable récolte scientifique jusqu’en 1971.
Et nous repartons vers de nouvelles aventures... Nous
récoltons des bocaux d’eau chargée de boues rouges au large
de Cassis, à l’endroit où sont déversés les résidus stériles des
minerais de bauxite du Var. Au fil des missions auxquelles je
suis associé, je deviens le témoin de la rapidité à laquelle
environnement marin se dégrade. Je compare la richesse de V
226
missions d’océanographie biologique ou d’étude de la radioactivité de l’eau entre la Côte d’Azur et la Corse.
Nous entamons 1964 en jouant Vile mystérieuse ; non pas le
roman de Jules Verne : l’île qui nous occupe est une bouéelaboratoire révolutionnaire, conçue par le commandant Alinat
et réalisée sous la direction de l’ingénieur J. Picard. Elle se
compose d’un « pied » et d’une « tête ». Le pied (un cylindre
de soixante-neuf mètres de longueur et d’un diamètre de deux
mètres) s’enfonce de cinquante-deux mètres dans l’eau. Il
porte quatre laboratoires superposés, couronnés par une piste
d’atterrissage pour hélicoptère située à dix-sept mètres audessus des vagues. Six personnes vivent à bord de ce qui
constitue la plus moderne et la plus hardie des stations de
recherches marines au large. Un ascenseur de trente-cinq
mètres unit les compartiments supérieurs aux points de travail
submergés.
Nous remorquons Vile mystérieuse sur le site d’essais que le
Pacha a choisi : l’extrémité sud de la rade de Villefranche-surMer, entre Nice et Monaco. Servie par le navire Espadon, la
bouée subit les tests prévus. Tout fonctionne : les échantillons
d’eau, de sédiment et de plancton, immédiatement analysés,
fournissent une moisson de données nouvelles.
Nous tirons Vile mystérieuse jusqu’en un point situé à midistance de Nice et de la Corse. Ancrage profond. Plusieurs
équipes se relaieront à bord pour le plus grand profit de
l’océanographie physique, chimique et biologique1.
V Le
février 1965, la bouée sera partiellement détruite par un incendie • un
VTb C1^?uit ans 1 ascenseur. Nous sauverons de justesse l’équipage. Réhabi itee,
mjs eneuse permettra une incroyable récolte scientifique jusqu’en 1971.
Et nous repartons vers de nouvelles aventures... Nous
récoltons des bocaux d’eau chargée de boues rouges au large
de Cassis, à l’endroit où sont déversés les résidus stériles des
minerais de bauxite du Var. Au fil des missions auxquelles je
suis associé, je deviens le témoin de la rapidité à laquelle
environnement marin se dégrade. Je compare la richesse de V
226
