CAPITAINE DE LA CALYPSO
expérience. Les caméras tournent, les appareils de photo
cliquettent. Claude Wesly et moi sommes en tenue de plongée.
Le commandant Cousteau nous adresse un clin d’œil. A
12 heures, nous saluons nos amis et nous embrassons nos
proches. A 12 h 20, nous sautons à l’eau.
En trois coups de palmes, nous atteignons notre logis. La
maison est ancrée à une brasse au-dessus de la roche, ceinturée
de chaînes et lestée par trente tonnes de gueuses. Nous
nageons sous le cylindre jaune, et nous nous engageons l’un
derrière l’autre dans le puits vertical qui mène à l’« appartement ». Quand je débouche dans la chambre sèche, j’ai un
pincement au cœur. Je la connais par cœur, pour y être
souvent entré pendant sa construction. Mais c’était à terre. Ici
la lumière est autre — glauque, incertaine... Une fois franchie
la surface du puits d’accès, nous retirons nos scaphandres.
Nous respirons de l’air comprimé à la pression de deux
kilogrammes par centimètre carré. Nous sommes chez nous...
Toutes les installations du module Précontinent I ont été
doublées pour garantir un fonctionnement sans faille : deux
compresseurs insufflent de l’air dans l’habitacle ; deux caméras
de télévision permettent aux hommes restés en surface de nous
surveiller; les câblages électriques sont dupliqués; etc. En
dépit de son exiguïté, Diogène est confortable : nous y avons la
radio et la télévision, une mini-bibliothèque, et même une
œuvre d’art accrochée au mur : un tableau que notre artiste
sous-marin, André Laban, s’est amusé à peindre à l’huile en
plongée... Un tuyau d’eau chaude pour la douche nous arrive
directement de Y Espadon. Nos repas, préparés en surface, nous
sont descendus par des plongeurs dans une cocotte-minute.
Nous disposons de réserves annexes de nourriture. Notre
appartement est chauffe par des radiateurs électriques : la
température dépasse vingt-deux degrés centigrades; si nous
mourons, ce ne sera pas de froid !
Douze plongeurs, dirigés par Raymond « Canoë » Kientzy,
sont à notre service. Le professeur Jacques Chouteau et le
docteur Xavier Fructus descendront nous examiner chaque
206
expérience. Les caméras tournent, les appareils de photo
cliquettent. Claude Wesly et moi sommes en tenue de plongée.
Le commandant Cousteau nous adresse un clin d’œil. A
12 heures, nous saluons nos amis et nous embrassons nos
proches. A 12 h 20, nous sautons à l’eau.
En trois coups de palmes, nous atteignons notre logis. La
maison est ancrée à une brasse au-dessus de la roche, ceinturée
de chaînes et lestée par trente tonnes de gueuses. Nous
nageons sous le cylindre jaune, et nous nous engageons l’un
derrière l’autre dans le puits vertical qui mène à l’« appartement ». Quand je débouche dans la chambre sèche, j’ai un
pincement au cœur. Je la connais par cœur, pour y être
souvent entré pendant sa construction. Mais c’était à terre. Ici
la lumière est autre — glauque, incertaine... Une fois franchie
la surface du puits d’accès, nous retirons nos scaphandres.
Nous respirons de l’air comprimé à la pression de deux
kilogrammes par centimètre carré. Nous sommes chez nous...
Toutes les installations du module Précontinent I ont été
doublées pour garantir un fonctionnement sans faille : deux
compresseurs insufflent de l’air dans l’habitacle ; deux caméras
de télévision permettent aux hommes restés en surface de nous
surveiller; les câblages électriques sont dupliqués; etc. En
dépit de son exiguïté, Diogène est confortable : nous y avons la
radio et la télévision, une mini-bibliothèque, et même une
œuvre d’art accrochée au mur : un tableau que notre artiste
sous-marin, André Laban, s’est amusé à peindre à l’huile en
plongée... Un tuyau d’eau chaude pour la douche nous arrive
directement de Y Espadon. Nos repas, préparés en surface, nous
sont descendus par des plongeurs dans une cocotte-minute.
Nous disposons de réserves annexes de nourriture. Notre
appartement est chauffe par des radiateurs électriques : la
température dépasse vingt-deux degrés centigrades; si nous
mourons, ce ne sera pas de froid !
Douze plongeurs, dirigés par Raymond « Canoë » Kientzy,
sont à notre service. Le professeur Jacques Chouteau et le
docteur Xavier Fructus descendront nous examiner chaque
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