CAPITAINE DE LA CALYPSO
besoin de trois jours pour revenir à la pression atmosphérique : mais sa période de travail utile est bien plus longue...
Toute l’idée de la maison sous la mer est là : il s’agit de
mettre les plongeurs à saturation; de leur permettre de
travailler dans d’excellentes conditions — sans remonter après
chaque plongée; de leur donner le confort nécessaire pour
qu’ils se reposent et se distraient (au sec, dans un caisson
pressurisé) ; et, à la fin du séjour subaquatique, de leur faire
subir une seule (et proportionnellement courte) séance de
décompression.
Si l’homme veut occuper durablement le fond des mers, il
n’y a pas d’autre méthode — sauf celle qui consisterait à lui
greffer (ou à lui inventer) des branchies de poisson ; mais ceci
est du domaine de la science-fiction.
« Nous n’irons jamais vivre dans les plaines abyssales, par
trois ou six mille mètres de profondeur, précise le Pacha, qui
nous expose les données du problème au carré de la Calypso.
Mais nous pouvons envisager qu’un jour l’humanité colonisera
le plateau continental, ce prolongement des continents sous la
surface de la mer, entre zéro et deux cent cinquante mètres de
profondeur. Le plateau continental constitue, en fait, la
portion la plus riche et la plus intéressante de l’océan. C’est la
raison pour laquelle j’ai décidé de baptiser notre expérience
Précontinent. Précontinent I, car il y en aura d’autres... »
Les études préliminaires à la mise au point de la maison
sous la mer sont menées à Marseille, à l’O.F.R.S. (Office
français de recherches sous-marines), qui deviendra le
C.E.M.A. (Centre d’études marines avancées) en 1968.
Le résultat pratique, pour moi, est que le commandant
Cousteau me désigne pour être, avec mon ami Claude Wesly,
le premier locataire de la première maison sous la mer du
monde. Le premier océanaute!... A une époque qui est aussi
celle du premier cosmonaute — Youri Gagarine, le 12 avril
1961 —, le Pacha ne peut pas me faire plus grand honneur...
L’O.F.R.S. achève la maison, que nous embarquons sur la
204
besoin de trois jours pour revenir à la pression atmosphérique : mais sa période de travail utile est bien plus longue...
Toute l’idée de la maison sous la mer est là : il s’agit de
mettre les plongeurs à saturation; de leur permettre de
travailler dans d’excellentes conditions — sans remonter après
chaque plongée; de leur donner le confort nécessaire pour
qu’ils se reposent et se distraient (au sec, dans un caisson
pressurisé) ; et, à la fin du séjour subaquatique, de leur faire
subir une seule (et proportionnellement courte) séance de
décompression.
Si l’homme veut occuper durablement le fond des mers, il
n’y a pas d’autre méthode — sauf celle qui consisterait à lui
greffer (ou à lui inventer) des branchies de poisson ; mais ceci
est du domaine de la science-fiction.
« Nous n’irons jamais vivre dans les plaines abyssales, par
trois ou six mille mètres de profondeur, précise le Pacha, qui
nous expose les données du problème au carré de la Calypso.
Mais nous pouvons envisager qu’un jour l’humanité colonisera
le plateau continental, ce prolongement des continents sous la
surface de la mer, entre zéro et deux cent cinquante mètres de
profondeur. Le plateau continental constitue, en fait, la
portion la plus riche et la plus intéressante de l’océan. C’est la
raison pour laquelle j’ai décidé de baptiser notre expérience
Précontinent. Précontinent I, car il y en aura d’autres... »
Les études préliminaires à la mise au point de la maison
sous la mer sont menées à Marseille, à l’O.F.R.S. (Office
français de recherches sous-marines), qui deviendra le
C.E.M.A. (Centre d’études marines avancées) en 1968.
Le résultat pratique, pour moi, est que le commandant
Cousteau me désigne pour être, avec mon ami Claude Wesly,
le premier locataire de la première maison sous la mer du
monde. Le premier océanaute!... A une époque qui est aussi
celle du premier cosmonaute — Youri Gagarine, le 12 avril
1961 —, le Pacha ne peut pas me faire plus grand honneur...
L’O.F.R.S. achève la maison, que nous embarquons sur la
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