CAPITAINE DE LA CALYPSO
trouvons l’origine du court-circuit : il est dû aux bacs en cuivre
qui contiennent les batteries.
Je me douche, je mange, je dors. Le lendemain, l’équipe
réunie au carré de la Calypso tire le bilan des essais. Globalement positif, comme on dit, malgré un début d’incendie... Il
reste des points critiques à régler : mauvais lestage à la
descente ; manque d’étanchéité du couvercle ; défaut de sécurité électrique... Du boulot pour nos techniciens...
Les émotions n’empêchent pas l’enthousiasme. Quand le
Pacha me demande ce que je pense sincèrement de la
soucoupe, je bafouille une réponse émerveillée qui ne contient
pas le quart du bien que je pense de cet engin.
La Calypso traverse l’océan Atlantique jusqu’à Dakar, où elle
embarque une équipe scientifique dirigée par le professeur
Jacques Forest. Campagne océanographique aux îles du CapVert... Pendant ce temps, l’ingénieur Jean Mollard retourne
en France commander des batteries neuves — et, pour les
contenir, des bacs de plastique au lieu de cuivre.
Nous nous retrouvons aux îles du Cap-Vert. Soucoupe
réparée. Nouveaux essais, d’abord sur filin, puis sans fil.
L’aventure recommence. Le commandant Cousteau prend
place avec moi dans le submersible. Nous fermons le couvercle. A trente mètres sous la surface, je salue par le hublot Jean
Alinat qui filme notre descente. Nous dépassons les cent
mètres. Nous ne sommes jamais allés si bas. Nous exultons...
jusqu’au moment où, de nouveau, un fracas d’explosion
retentit !
Tout vibre dans la soucoupe, qui ballotte de longues
minutes avant de se stabiliser. Le manomètre de profondeur ne
fonctionne plus. Je regarde par la vitre : le plancton en
suspension monte à toute vitesse. Bon sang ! Mais c’est grave,
ça... Ça signifie qu’en réalité nous coulons!
Je largue une gueuse de lest : 1’ « ascension » du plancton
s’arrête une seconde, puis recommence. Je me sépare du
deuxième poids : même résultat éphémère... Le Pacha me
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