LE FEU À LA SOUCOUPE
tapote l’épaule. Nous nous comprenons sans un mot : il faut
libérer la grosse gueuse de sécurité. D’urgence...
Délestée de ce poids de deux cents kilogrammes, la soucoupe
fait un bond vers la surface. Nous nous cramponnons à nos
couchettes. J’ai l’impression d’être dans un ascenseur ultrarapide de gratte-ciel. Nous arrivons en surface à la vitesse
d’une torpille. Par bonheur, Jean Alinat s’est aperçu que
quelque chose clochait. Il a déclenché les secours.
A l’intérieur, nous n’en menons pas large. De petites volutes
de fumée commencent de s’insinuer dans l’habitacle. Par
téléphone, Cousteau et Alinat échangent des propos surréalistes.
« Nous arrivons, dit Alinat : ne bougez pas !
— Où voulez-vous que nous allions? demande Cousteau,
qui rit et qui tousse.
— La soucoupe crépite, dit Alinat. Pour un beau courtcircuit, c’est un beau court-circuit...
— Ravi de faire le spectacle, dit le Pacha... Mais puisque
nous devons attendre, autant casser la croûte ! »
Aussi incroyable que cela paraisse, Cousteau déballe les
sandwiches et débouche la bouteille de vin dont nous nous
étions munis en prévision d’une plongée de plusieurs heures.
Et se met à manger, en dépit de la fumée qui s’épaissit dans le
submersible...
Dehors, les plongeurs élinguent la soucoupe et nous remorquent en chaland jusqu’à la Calypso. La grue nous soulève et
nous pose sur le navire. J’ouvre le couvercle. Je m’extrais du
sous-marin sans vraiment m’attarder. Pendant ce temps,
Cousteau finit son casse-croûte et vide son verre. Quand il
quitte l’habitacle, environné de fumée, on jurerait un diable
sortant de l’enfer.
tapote l’épaule. Nous nous comprenons sans un mot : il faut
libérer la grosse gueuse de sécurité. D’urgence...
Délestée de ce poids de deux cents kilogrammes, la soucoupe
fait un bond vers la surface. Nous nous cramponnons à nos
couchettes. J’ai l’impression d’être dans un ascenseur ultrarapide de gratte-ciel. Nous arrivons en surface à la vitesse
d’une torpille. Par bonheur, Jean Alinat s’est aperçu que
quelque chose clochait. Il a déclenché les secours.
A l’intérieur, nous n’en menons pas large. De petites volutes
de fumée commencent de s’insinuer dans l’habitacle. Par
téléphone, Cousteau et Alinat échangent des propos surréalistes.
« Nous arrivons, dit Alinat : ne bougez pas !
— Où voulez-vous que nous allions? demande Cousteau,
qui rit et qui tousse.
— La soucoupe crépite, dit Alinat. Pour un beau courtcircuit, c’est un beau court-circuit...
— Ravi de faire le spectacle, dit le Pacha... Mais puisque
nous devons attendre, autant casser la croûte ! »
Aussi incroyable que cela paraisse, Cousteau déballe les
sandwiches et débouche la bouteille de vin dont nous nous
étions munis en prévision d’une plongée de plusieurs heures.
Et se met à manger, en dépit de la fumée qui s’épaissit dans le
submersible...
Dehors, les plongeurs élinguent la soucoupe et nous remorquent en chaland jusqu’à la Calypso. La grue nous soulève et
nous pose sur le navire. J’ouvre le couvercle. Je m’extrais du
sous-marin sans vraiment m’attarder. Pendant ce temps,
Cousteau finit son casse-croûte et vide son verre. Quand il
quitte l’habitacle, environné de fumée, on jurerait un diable
sortant de l’enfer.
