UN ANCRAGE VERTIGINEUX
mille milles marins en six mois... Cette fois, je peux dire que
j’ai attrapé le rythme !
La Calypso ne se repose guère. Le 11 juillet 1955, nous
larguons les amarres pour une campagne d’études hydrologiques et biologiques en Méditerranée orientale. Bizerte, la
Sicile, la Crète, les Cyclades, Le Pirée, les Sporades, Istanbul,
le Bosphore — et retour à Marseille par le chemin des
écoliers... Sous la direction de Henri Lacombe, professeur
d’océanographie au Muséum d’histoire naturelle de Paris, et
de Francis Bernard, professeur de zoologie à la faculté des
sciences d’Alger, nous effectuons des centaines de stations
scientifiques. Nous mettons au point une méthode que nous
emploierons souvent, désormais, et qui consiste à combiner les
prélèvements (d’eau, de sédiments, de plancton...) et les
mesures classiques (de température, de salinité...), avec des
observations directes en plongée. Au large du Péloponnèse,
nous faisons descendre au bout d’un câble d’acier un appareil
de photographie conçu par le professeur Harold E. Edgerton,
qui nous permet de réussir les premiers clichés du plancher de
la fosse de Matapan — le point le plus profond de la
Méditerranée (cinq mille cent quinze mètres).
Cette mission terminée, nous effectuons dans le Vieux Port
de Marseille une série de démonstrations de télévision sousmarine. Nous employons à cet effet de nouvelles caméras qui
comportent une lentille d’eau claire devant l’objectif et permettent d’obtenir des images nettes dans les eaux les plus
troubles. Je constate, à cette occasion, que le Vieux Port offre
un excellent terrain de tests en eau trouble ! C’est la raison
pour laquelle, chaque fois que je ne suis pas de garde sur le
bateau, je file plonger dans le bleu pur de la calanque de
Sormiou...
La Calypso se remet en campagne au printemps de 1956. Le
28 avril, elle entre triomphalement dans le port de Cannes, où
le jury du festival vient d’attribuer la Palme d’or au Monde du
silence. Avec le recul du temps, rien ne me paraît plus mérité
que cette récompense : grâce à ce film, le Pacha a démontré
169
mille milles marins en six mois... Cette fois, je peux dire que
j’ai attrapé le rythme !
La Calypso ne se repose guère. Le 11 juillet 1955, nous
larguons les amarres pour une campagne d’études hydrologiques et biologiques en Méditerranée orientale. Bizerte, la
Sicile, la Crète, les Cyclades, Le Pirée, les Sporades, Istanbul,
le Bosphore — et retour à Marseille par le chemin des
écoliers... Sous la direction de Henri Lacombe, professeur
d’océanographie au Muséum d’histoire naturelle de Paris, et
de Francis Bernard, professeur de zoologie à la faculté des
sciences d’Alger, nous effectuons des centaines de stations
scientifiques. Nous mettons au point une méthode que nous
emploierons souvent, désormais, et qui consiste à combiner les
prélèvements (d’eau, de sédiments, de plancton...) et les
mesures classiques (de température, de salinité...), avec des
observations directes en plongée. Au large du Péloponnèse,
nous faisons descendre au bout d’un câble d’acier un appareil
de photographie conçu par le professeur Harold E. Edgerton,
qui nous permet de réussir les premiers clichés du plancher de
la fosse de Matapan — le point le plus profond de la
Méditerranée (cinq mille cent quinze mètres).
Cette mission terminée, nous effectuons dans le Vieux Port
de Marseille une série de démonstrations de télévision sousmarine. Nous employons à cet effet de nouvelles caméras qui
comportent une lentille d’eau claire devant l’objectif et permettent d’obtenir des images nettes dans les eaux les plus
troubles. Je constate, à cette occasion, que le Vieux Port offre
un excellent terrain de tests en eau trouble ! C’est la raison
pour laquelle, chaque fois que je ne suis pas de garde sur le
bateau, je file plonger dans le bleu pur de la calanque de
Sormiou...
La Calypso se remet en campagne au printemps de 1956. Le
28 avril, elle entre triomphalement dans le port de Cannes, où
le jury du festival vient d’attribuer la Palme d’or au Monde du
silence. Avec le recul du temps, rien ne me paraît plus mérité
que cette récompense : grâce à ce film, le Pacha a démontré
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