LES TORTUES D’ALDABRA
coelacanthe sont les pères des amphibiens, qui ont donné les
reptiles, dont dérivent les oiseaux et les mammifères. Nous
autres, hommes, descendons, sinon du cœlacanthe, du moins
de parents de cette bizarre créature...
Naguère, on n’imaginait même pas que des êtres de ce genre
pussent encore exister : on ne les connaissait que fossiles. Mais
en 1938, dans les eaux des Comores, des pêcheurs en prirent
un, qu’un scientifique eut la chance d’examiner. Ce fut une
révolution dans la paléontologie...
En 1954, à l’époque où nous naviguons avec la Calypso dans
ces parages, quatorze exemplaires seulement de cœlacanthes
ont été attrapés par les pêcheurs des Comores, et récupérés par
les savants. Nous aimerions mettre la main sur le quinzième...
Guidés par le professeur Millot, nous écumons l’archipel —
Anjouan, Moroni, la Grande Comore, Mayotte... Nous
immergeons, aux profondeurs que fréquente l’animal, des
appareils de photographie spécialement conçus par le professeur Edgerton : peine perdue! Les fossiles vivants ne se
montrent pas.
Il faut revenir en France. J’avais presque oublié qu’il
existait un pays de ce nom...
Nous remontons vers le nord à travers le golfe d’Aden, le
détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge (escale à l’île
Marmar), le canal de Suez. Nous cinglons vers Marseille... Je
songe à ces six mois de croisière — ma première vraie mission
lointaine. L’enchantement des récifs ; la baie d’Elphinstone ; le
pétrole d’Abou Dhabi ; les perles du Golfe ; les poissons-anges
des Seychelles; les tortues géantes d’Aldabra; notre infructueuse quête du cœlacanthe... Un voyage des merveilles!
Sindbad le Marin, sorti du golfe Arabo-Persique sur son
boutre des Mille et Une Nuits, n’a pas vu plus de prodiges.
Chacun, à bord de la Calypso, en est tellement convaincu que
nous applaudissons lorsque le Pacha nous propose de revenir
dans ces mers. Le plus tôt possible.
coelacanthe sont les pères des amphibiens, qui ont donné les
reptiles, dont dérivent les oiseaux et les mammifères. Nous
autres, hommes, descendons, sinon du cœlacanthe, du moins
de parents de cette bizarre créature...
Naguère, on n’imaginait même pas que des êtres de ce genre
pussent encore exister : on ne les connaissait que fossiles. Mais
en 1938, dans les eaux des Comores, des pêcheurs en prirent
un, qu’un scientifique eut la chance d’examiner. Ce fut une
révolution dans la paléontologie...
En 1954, à l’époque où nous naviguons avec la Calypso dans
ces parages, quatorze exemplaires seulement de cœlacanthes
ont été attrapés par les pêcheurs des Comores, et récupérés par
les savants. Nous aimerions mettre la main sur le quinzième...
Guidés par le professeur Millot, nous écumons l’archipel —
Anjouan, Moroni, la Grande Comore, Mayotte... Nous
immergeons, aux profondeurs que fréquente l’animal, des
appareils de photographie spécialement conçus par le professeur Edgerton : peine perdue! Les fossiles vivants ne se
montrent pas.
Il faut revenir en France. J’avais presque oublié qu’il
existait un pays de ce nom...
Nous remontons vers le nord à travers le golfe d’Aden, le
détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge (escale à l’île
Marmar), le canal de Suez. Nous cinglons vers Marseille... Je
songe à ces six mois de croisière — ma première vraie mission
lointaine. L’enchantement des récifs ; la baie d’Elphinstone ; le
pétrole d’Abou Dhabi ; les perles du Golfe ; les poissons-anges
des Seychelles; les tortues géantes d’Aldabra; notre infructueuse quête du cœlacanthe... Un voyage des merveilles!
Sindbad le Marin, sorti du golfe Arabo-Persique sur son
boutre des Mille et Une Nuits, n’a pas vu plus de prodiges.
Chacun, à bord de la Calypso, en est tellement convaincu que
nous applaudissons lorsque le Pacha nous propose de revenir
dans ces mers. Le plus tôt possible.
