CAPITAINE DE LA CALYPSO
l’évasion, la mer, les animaux, les horizons infinis, la phosphorescence des tropiques ou l’éclat des aurores boréales...
Les événements qui marquent la vie des hommes sont le
résultat de facteurs imprévisibles, de coïncidences, de concours
de circonstances que rien n’annonce. Comment en suis-je
arrivé là? Comment cette fonction de capitaine de l’un des
plus fameux bateaux du monde m’a-t-elle été confiée?
Comment suis-je devenu l’un des responsables de cette mission
de Redécouverte — cinq années de navigation autour du globe
— que le commandant Cousteau a voulue, et qui constitue la
plus ambitieuse de toutes les campagnes qu’il a lancées ?
Je tente de démêler les fils de ma vie. J’ai l’impression
d’avoir embarqué sur la Calypso hier au soir : mais c’était en
1952 ! Il y a plus de trente-cinq ans... Il me semble que toutes
ces saisons de plongées, de voyages, de découvertes, d’émotions, se mêlent, se télescopent et finissent par n’en plus faire
qu’une.
J’ai participé à de nombreuses campagnes océanographiques. J’ai sillonné la Méditerranée en tous sens. J’ai vu les
coraux de la mer Rouge avant la guerre des Six Jours et les
cocos-fesses des Seychelles avant le tourisme. J’ai sondé les
fosses vertigineuses de l’océan Atlantique. J’ai nagé avec les
requins du Yucatân et les mérous du Belize. J’ai plongé dans
les torrents glacés d’Alaska avec les saumons rouges et les ours
bruns. J’ai caressé les loutres de mer dans leurs lits d’algues
géantes. J’ai regardé la baleine franche en face et je me suis
accroché au bras blanc de la baleine à bosse. Je suis devenu
l’ami des dauphins. J’ai nagé parmi les piranhas de la forêt
amazonienne. J’ai guetté les requins et les mantas géantes. J’ai
survolé des temples de coraux hantés de poissons-papillons et
de poissons-anges. J’ai passé des heures à guetter les manèges
des vers spirographes, des crevettes-pistolets, des labres nettoyeurs ou des bénitiers des tropiques. De la Grèce aux Grands
Lacs et du golfe d’Aden à la Grande Barrière de corail, j’ai
visité des centaines d’épaves où j’ai parfois trouvé des ossements humains, et où se sont jouées d’effroyables tragédies...
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l’évasion, la mer, les animaux, les horizons infinis, la phosphorescence des tropiques ou l’éclat des aurores boréales...
Les événements qui marquent la vie des hommes sont le
résultat de facteurs imprévisibles, de coïncidences, de concours
de circonstances que rien n’annonce. Comment en suis-je
arrivé là? Comment cette fonction de capitaine de l’un des
plus fameux bateaux du monde m’a-t-elle été confiée?
Comment suis-je devenu l’un des responsables de cette mission
de Redécouverte — cinq années de navigation autour du globe
— que le commandant Cousteau a voulue, et qui constitue la
plus ambitieuse de toutes les campagnes qu’il a lancées ?
Je tente de démêler les fils de ma vie. J’ai l’impression
d’avoir embarqué sur la Calypso hier au soir : mais c’était en
1952 ! Il y a plus de trente-cinq ans... Il me semble que toutes
ces saisons de plongées, de voyages, de découvertes, d’émotions, se mêlent, se télescopent et finissent par n’en plus faire
qu’une.
J’ai participé à de nombreuses campagnes océanographiques. J’ai sillonné la Méditerranée en tous sens. J’ai vu les
coraux de la mer Rouge avant la guerre des Six Jours et les
cocos-fesses des Seychelles avant le tourisme. J’ai sondé les
fosses vertigineuses de l’océan Atlantique. J’ai nagé avec les
requins du Yucatân et les mérous du Belize. J’ai plongé dans
les torrents glacés d’Alaska avec les saumons rouges et les ours
bruns. J’ai caressé les loutres de mer dans leurs lits d’algues
géantes. J’ai regardé la baleine franche en face et je me suis
accroché au bras blanc de la baleine à bosse. Je suis devenu
l’ami des dauphins. J’ai nagé parmi les piranhas de la forêt
amazonienne. J’ai guetté les requins et les mantas géantes. J’ai
survolé des temples de coraux hantés de poissons-papillons et
de poissons-anges. J’ai passé des heures à guetter les manèges
des vers spirographes, des crevettes-pistolets, des labres nettoyeurs ou des bénitiers des tropiques. De la Grèce aux Grands
Lacs et du golfe d’Aden à la Grande Barrière de corail, j’ai
visité des centaines d’épaves où j’ai parfois trouvé des ossements humains, et où se sont jouées d’effroyables tragédies...
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