CAPITAINE DE LA CALYPSO
cette époque sur la physiologie de la plongée. Je me rends
compte des dangers que j’ai courus — sans le savoir — en
essayant tout seul des scaphandres bricolés. Je me remémore
également ma première descente à Sormiou avec le détendeur
Cousteau-Gagnan : que d’erreurs ! A vingt mètres, enchanté
d’observer des pullulations de langoustes (une sous chaque
caillou), je faisais n’importe quoi. Je respirais trop vite. Je
jouais les ludions. Je m’amusais à remonter tout près de la
surface, les poumons pleins d’air comprimé (au risque d’un
dangereux « coup » de surpression alvéolaire). Pour couronner le tout, à la fin de la plongée, pas le moindre palier de
décompression ! Je me rends compte que c’est un pur hasard si
je n’ai pas eu d’accident. Une bêtise en a annulé une autre : en
respirant trop vite, j’ai vidé mes bouteilles en un clin d’œil,
grâce à quoi je n’ai pas dépassé sous l’eau le temps fatidique
au-delà duquel le palier devient indispensable...
Ici, au Grand Conclure me transforme en vrai plongeur. Et
je transpire sous mon masque!... Nous dégageons en moyenne
une quinzaine ou une vingtaine de poteries par jour (le record
est de soixante-cinq). Comme mes compagnons, je manie la
suceuse. C’est un engin pénible à tenir, capricieux. Lorsque
son bec se bouche (à cause d’une trop grosse concrétion qu’elle
ne peut aspirer), elle se remplit d’air et se transmue en un
monstrueux serpent qui se tortille et remonte en surface en
fouettant l’eau... Les mécaniciens du bord se précipitent sur la
vanne d’air pour la fermer : alors seulement l’énorme reptile
pique vers le bas. Mais gare aux plongeurs, dessous !
Les incidents sont nombreux. Un jour, la suceuse se bouche,
puis se débouche brutalement : en surface, Ferdinand Lallemand, occupé à trier les objets dans le panier métallique,
reçoit sur la tête une douche de cailloux et de morceaux de
céramique qui l’assomme...
Seul le mauvais temps interrompt les fouilles. De jour en
jour, nous prenons de l’assurance. Le Pacha et Frédéric
Dumas descendent travailler comme tout le monde. Ils nous
font ouvrir une tranchée au milieu du tumulus de poteries. Au
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cette époque sur la physiologie de la plongée. Je me rends
compte des dangers que j’ai courus — sans le savoir — en
essayant tout seul des scaphandres bricolés. Je me remémore
également ma première descente à Sormiou avec le détendeur
Cousteau-Gagnan : que d’erreurs ! A vingt mètres, enchanté
d’observer des pullulations de langoustes (une sous chaque
caillou), je faisais n’importe quoi. Je respirais trop vite. Je
jouais les ludions. Je m’amusais à remonter tout près de la
surface, les poumons pleins d’air comprimé (au risque d’un
dangereux « coup » de surpression alvéolaire). Pour couronner le tout, à la fin de la plongée, pas le moindre palier de
décompression ! Je me rends compte que c’est un pur hasard si
je n’ai pas eu d’accident. Une bêtise en a annulé une autre : en
respirant trop vite, j’ai vidé mes bouteilles en un clin d’œil,
grâce à quoi je n’ai pas dépassé sous l’eau le temps fatidique
au-delà duquel le palier devient indispensable...
Ici, au Grand Conclure me transforme en vrai plongeur. Et
je transpire sous mon masque!... Nous dégageons en moyenne
une quinzaine ou une vingtaine de poteries par jour (le record
est de soixante-cinq). Comme mes compagnons, je manie la
suceuse. C’est un engin pénible à tenir, capricieux. Lorsque
son bec se bouche (à cause d’une trop grosse concrétion qu’elle
ne peut aspirer), elle se remplit d’air et se transmue en un
monstrueux serpent qui se tortille et remonte en surface en
fouettant l’eau... Les mécaniciens du bord se précipitent sur la
vanne d’air pour la fermer : alors seulement l’énorme reptile
pique vers le bas. Mais gare aux plongeurs, dessous !
Les incidents sont nombreux. Un jour, la suceuse se bouche,
puis se débouche brutalement : en surface, Ferdinand Lallemand, occupé à trier les objets dans le panier métallique,
reçoit sur la tête une douche de cailloux et de morceaux de
céramique qui l’assomme...
Seul le mauvais temps interrompt les fouilles. De jour en
jour, nous prenons de l’assurance. Le Pacha et Frédéric
Dumas descendent travailler comme tout le monde. Ils nous
font ouvrir une tranchée au milieu du tumulus de poteries. Au
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