CAPITAINE DE LA CALYPSO
jamais je n’en ai vu autant. Je n’en ai pas le centième sur mon
Hou Hop (lequel ne possède, à vrai dire, qu’une manette de gaz,
un embrayage et une barre à main !).
La Calypso est un navire de travail, non pas de loisir. Je m’en
convaincs en visitant ce qu’on appelle l’« usine » du bord —
avec ses deux compresseurs Junker (cent vingt mètres cubes
par heure), sa perceuse électrique, son tour de précision, ses
casiers frigorifiques, son impressionnant tableau de commande
électrique... Nous passons dans la salle des machines : deux
monstrueux moteurs de huit cylindres en ligne y déploient leur
puissance ; ils développent chacun cinq cents chevaux à mille
trois cent cinquante tours par minute...
Sur les basques du Pacha, je visite la cale arrière et la cale
avant, la cambuse (où l’on entasse les vivres), les douches et
les cabines de l’équipage. Mon impression est que ces dernières sont plus que Spartiates ! La plupart d’entre elles sont
dotées de deux bannettes (couchettes) superposées.
Sur la plage arrière, le travail bat son plein. Un plongeur a
redescendu et reboulonné l’embout de la suceuse, qui a repris
du service. L’extrémité supérieure du gros tuyau flexible
crache, avec force soubresauts, une eau mêlée d’air et de sable.
Le liquide écumeux, brunâtre, tombe sur le tamis d’un grand
panier métallique accroché au plat-bord : ce filtre retient les
petites pièces. Les spécialistes — Fernand Benoît et Ferdinand
Lallemand — séparent les cailloux des pièces archéologiques.
A chaque découverte, Ferdinand Lallemand jette des cris :
« Oh! des anneaux de cargues en plomb!... Oh! un fond de
pot superbe, avec une décoration en marguerite!... » Et ainsi
de suite. Bien entendu, de temps en temps, un canular émaillé
la recherche: «Oh! une monnaie de... Ah’ les idiots! Ils
m’ont envoyé une pièce de cent sous !... »
L après-midi se passe pour moi dans un enchantement. Le
soir, quand je remonte dans le Hou Hop, le commandant
Cousteau me demande si ça m’intéresserait de revenir le
lendemain et les jours suivants — comme bénévole. Il aurait
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jamais je n’en ai vu autant. Je n’en ai pas le centième sur mon
Hou Hop (lequel ne possède, à vrai dire, qu’une manette de gaz,
un embrayage et une barre à main !).
La Calypso est un navire de travail, non pas de loisir. Je m’en
convaincs en visitant ce qu’on appelle l’« usine » du bord —
avec ses deux compresseurs Junker (cent vingt mètres cubes
par heure), sa perceuse électrique, son tour de précision, ses
casiers frigorifiques, son impressionnant tableau de commande
électrique... Nous passons dans la salle des machines : deux
monstrueux moteurs de huit cylindres en ligne y déploient leur
puissance ; ils développent chacun cinq cents chevaux à mille
trois cent cinquante tours par minute...
Sur les basques du Pacha, je visite la cale arrière et la cale
avant, la cambuse (où l’on entasse les vivres), les douches et
les cabines de l’équipage. Mon impression est que ces dernières sont plus que Spartiates ! La plupart d’entre elles sont
dotées de deux bannettes (couchettes) superposées.
Sur la plage arrière, le travail bat son plein. Un plongeur a
redescendu et reboulonné l’embout de la suceuse, qui a repris
du service. L’extrémité supérieure du gros tuyau flexible
crache, avec force soubresauts, une eau mêlée d’air et de sable.
Le liquide écumeux, brunâtre, tombe sur le tamis d’un grand
panier métallique accroché au plat-bord : ce filtre retient les
petites pièces. Les spécialistes — Fernand Benoît et Ferdinand
Lallemand — séparent les cailloux des pièces archéologiques.
A chaque découverte, Ferdinand Lallemand jette des cris :
« Oh! des anneaux de cargues en plomb!... Oh! un fond de
pot superbe, avec une décoration en marguerite!... » Et ainsi
de suite. Bien entendu, de temps en temps, un canular émaillé
la recherche: «Oh! une monnaie de... Ah’ les idiots! Ils
m’ont envoyé une pièce de cent sous !... »
L après-midi se passe pour moi dans un enchantement. Le
soir, quand je remonte dans le Hou Hop, le commandant
Cousteau me demande si ça m’intéresserait de revenir le
lendemain et les jours suivants — comme bénévole. Il aurait
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