ENVIRONNEMENT. LIMITATION DE LA PRODUCTIVITÉ
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Le facteur limitatif qui dans l’exemple ci-dessus fait partie des facteurs
alimentaires (sels nutritifs sources de la production primaire) peut de même
faire partie des facteurs climatiques (courants, chaleur, lumière...), des facteurs spatiaux (manque d’abris, de profondeur, de terrains propices pour
la fraye...), ou des facteurs sociaux (prédateurs, parasites...), comme du facteur support lui-même, aucune production piscicole proprement dite ne
pouvant être escomptée en dehors de l’eau qui la conditionne.
Un facteur limitatif peut agir sur la distribution même des espèces,
c’est le cas de la température, et sur l’abondance des espèces à l’intérieur
de leur aire de répartition, c’est le cas de la nourriture, des prédateurs,
des abris, etc.
Un facteur limitatif peut de même agir de façon spécifique sur telle ou
telle espèce (conditions prévalant pendant leur période de reproduction),
ou de façon globale sur l’ensemble d’une communauté (déficit en nitrates
et phosphates...).
Déceler expérimentalement en laboratoire les limites de tolérance pour
tel ou tel facteur relativement à telle ou telle espèce est une chose, mais
déceler dans le complexe d’une situation naturelle quel est le facteur limitatif
formant goulot d’étranglement de la production est un problème qu’il n’est
pas toujours facile de résoudre. Ce n’est pas parce qu’un pêcheur aura vu
une loutre capturer une truite que les loutres doivent être considérées comme
facteur limitatif de la production en truites et pourchassées. Les analyses
de laissées de loutre semblent bien montrer que la loutre se nourrit principalement d’écrevisses, de grenouilles et de poissons mauvais nageurs comme
l’anguille, ce qui dans certaines rivières peut parfaitement conduire à considérer la présence de la loutre comme bénéfique vis-à-vis de la truite.
Pour la détermination des facteurs limitant le développement des organismes dans la nature, il est recommandé d’étudier la distribution et le comportement de ces organismes aux limites de leur aire de répartition. Dans ces
situations extrêmes, un ou plusieurs facteurs de l’ambiance peuvent être
sujets à de grandes variations qui réalisent ainsi une expérimentation dans
la nature. Cette dernière est en général d’une valeur très supérieure à celles
qui pourraient être faites en laboratoire. Tous les facteurs environnants,
autres que celui à l’étude, continuent à agir et à varier de façon normale
au lieu d’être éliminés ou bloqués de façon anormale comme ils le sont artificiellement en laboratoire.
Vibert et Laglek. — Pèches continentales.
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