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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
leur aptitude à se cacher de leurs ennemis (Schaeperclaus, 1933). Une telle
rusticité semble bien être en relation avec le patrimoine héréditaire des
individus (Andrewartha et Birch, 1954). Si elle est à rechercher pour
des poissons comme la carpe, élevés dans des étangs aménagés en vue d’y
rendre les circonstances ambiantes les moins défavorables possibles, elle est
d’une importance plus grande encore pour le choix des géniteurs destinés
à produire des poissons de repeuplement. Comment apprécier cette rusticité et sur quels critères? Pour les poissons élevés en étangs, le problème
consiste à maintenir isolées les progénitures de divers géniteurs et à juger
de leur rusticité en fonction de la survie constatée lors des vidanges. Pour
les poissons de repeuplement libérés en eau libre, ne pouvant jusqu’à présent en contrôler la rusticité, nombreux sont les pisciculteurs qui préfèrent
ne faire aucune sélection plutôt que d’en faire une risquant d’aller à l’encontre de cette rusticité. Pour les truites et les saumons, Vibert (1956)
propose de prendre comme critère de rusticité leur plus ou moins grande
aptitude à se défendre contre leurs principales causes de mortalité dans la
nature : causes primaires inorganiques en premier lieu (températures extrêmes,
entraînement des alevins par le courant), causes secondaires organiques
accessoirement (prédateurs, maladies bactériennes). Les tests consistent
à marquer de façons différentes les progénitures de deux couples de reproducteurs d’origines diverses, puis à comparer leurs mortalités respectives
dans un même milieu suffisamment hostile.
4.213. Intelligence
L’intelligence, ou plus exactement, puisqu’il s’agit d’animaux, leur plus
ou moins grande faculté d’apprendre à résoudre un problème, à s’adapter
(par réflexes conditionnés, par tâtonnement ou par intuition, Verron, 1956)
est chez les poissons, en matière d’exploitation rationnelle des eaux, un
couteau à deux tranchants. Un poisson intelligent apprendra plus vite qu’un
autre à se méfier des dangers et à tirer parti contre eux des abris à sa disposition. Il accroîtra d’autant la valeur de sa rusticité « physique ». C’est là
un avantage certain pour les sujets de repeuplement déversés jeunes en
eaux libres où ils ont encore un long séjour à faire avant d’atteindre une
taille respectable. Trop bêtes ils risqueraient de ne pas atteindre cette taille
en nombre suffisant. Pour les repeuplements effectués avec des poissons de
taille réglementaire (truites), le problème est tout différent. En général,
il semble que ces poissons domestiqués soient à peu près incapables de
s'adapter et qu'ils ne survivent d’une année sur l’autre qu’en proportion
intime, surtout dans les régions à climat extrême (10.043). Pratiquement
les poissons qui ne sont pas capturés par les pêcheurs dans les quelques
semaines qui suivent leur mise à l’eau sont à peu près considérés comme
perdus. 11 y a donc intérêt pour de tels repeuplements à utiliser les espèces
les plus bêtes possibles, les plus faciles à prendre : ombles de fontaine et
truites arc-en-ciel, de préférence à la truite commune (10.011,20-10.044,30),
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