RÉGIMES ALIMENTAIRES. SPÉCIFICITÉ ET LIMITES
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cifique peut en effet conduire soit à un ralentissement de la croissance soit
à l’élimination d’une espèce (5.61).
Enfin, pour être valables, les études sur la nutrition doivent tenir compte
également de certaines habitudes alimentaires. C’est le cas en particulier
pour des poissons comme la carpe Cyprinus carpio ou certains suckers
américains Catostomidæ qui détruisent la végétation et troublent l’eau en
recherchant une partie de leur nourriture dans la vase du fond.
19.1. SPÉCIFICITÉ ET PLASTICITÉ
DES RÉGIMES ALIMENTAIRES
Dans l’exposé des notions relatives aux chaînes alimentaires dans un
écosystème (2.1) nous avons, dans un but de facilité, classé les organismes
aquatiques en herbivores et en carnivores.
En fait, dans leurs préférences alimentaires, les organismes et les poissons en particulier font preuve à la fois, ou le plus souvent successivement, de
spécificité et de plasticité. Ayant une préférence plus ou moins marquée pour
telle ou telle nourriture, ils restent assez éclectiques pour en général pouvoir
tirer parti d’un nombre respectable des denrées que la nature leur prodigue
avec une abondance relative variable suivant les saisons (Barrington, 1951).
Au total la composition du menu des poissons dépend : (1) d’une façon
impérative, ou presque, des adaptations anatomiques et physiologiques
de chaque espèce ; impératifs alimentaires plus ou moins importants selon
les espèces, et déterminant partiellement leur niche écologique; (2) d’une
façon circonstancielle, à la fois des préférences des poissons et de 1 abondance relative des divers aliments à leur portée ; sous réserve que du fait
de leur taille et de leur situation ces aliments soient susceptibles d’être
absorbés.
La carpe commune Cyprinus carpio aujourd hui cosmopolite, les carpes
chinoises : mud carp Cyrrhina molitorella, black carp Mylopharyngodon
piceus, la tanche Tinca tinca sont encore à classer parmi les espèces sans
adaptation alimentaire anatomique ou physiologique nettement limitatives.
Ce sont des omnivores (Hora, 1955).
Avec le channel catfish américain, une analyse stomacale faite sur
169 sujets allant de 10 à plus de 30 centimètres montra que larves et insectes
aquatiques (76 espèces) constituaient la base de la nourriture des jeunes,
tandis que les poissons (19 espèces) formaient l'essentiel de la nourriture
des sujets plus grands. A cette nourriture de base s’ajoutaient quelques bryozoaires, vers, hydracariens, écrevisses, oiseaux, voire meme un mammifi r<.
En outre 14 genres de végétaux étaient représentés durant leur période
d’abondance. Le channel catfish se présente donc comme un carnivore très
éclectique dans le choix de ses proies animales et qui à l’occasion ne dédaigné
pas les proies végétales. Avec le brochet Esox lucius le caractère carnivore
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cifique peut en effet conduire soit à un ralentissement de la croissance soit
à l’élimination d’une espèce (5.61).
Enfin, pour être valables, les études sur la nutrition doivent tenir compte
également de certaines habitudes alimentaires. C’est le cas en particulier
pour des poissons comme la carpe Cyprinus carpio ou certains suckers
américains Catostomidæ qui détruisent la végétation et troublent l’eau en
recherchant une partie de leur nourriture dans la vase du fond.
19.1. SPÉCIFICITÉ ET PLASTICITÉ
DES RÉGIMES ALIMENTAIRES
Dans l’exposé des notions relatives aux chaînes alimentaires dans un
écosystème (2.1) nous avons, dans un but de facilité, classé les organismes
aquatiques en herbivores et en carnivores.
En fait, dans leurs préférences alimentaires, les organismes et les poissons en particulier font preuve à la fois, ou le plus souvent successivement, de
spécificité et de plasticité. Ayant une préférence plus ou moins marquée pour
telle ou telle nourriture, ils restent assez éclectiques pour en général pouvoir
tirer parti d’un nombre respectable des denrées que la nature leur prodigue
avec une abondance relative variable suivant les saisons (Barrington, 1951).
Au total la composition du menu des poissons dépend : (1) d’une façon
impérative, ou presque, des adaptations anatomiques et physiologiques
de chaque espèce ; impératifs alimentaires plus ou moins importants selon
les espèces, et déterminant partiellement leur niche écologique; (2) d’une
façon circonstancielle, à la fois des préférences des poissons et de 1 abondance relative des divers aliments à leur portée ; sous réserve que du fait
de leur taille et de leur situation ces aliments soient susceptibles d’être
absorbés.
La carpe commune Cyprinus carpio aujourd hui cosmopolite, les carpes
chinoises : mud carp Cyrrhina molitorella, black carp Mylopharyngodon
piceus, la tanche Tinca tinca sont encore à classer parmi les espèces sans
adaptation alimentaire anatomique ou physiologique nettement limitatives.
Ce sont des omnivores (Hora, 1955).
Avec le channel catfish américain, une analyse stomacale faite sur
169 sujets allant de 10 à plus de 30 centimètres montra que larves et insectes
aquatiques (76 espèces) constituaient la base de la nourriture des jeunes,
tandis que les poissons (19 espèces) formaient l'essentiel de la nourriture
des sujets plus grands. A cette nourriture de base s’ajoutaient quelques bryozoaires, vers, hydracariens, écrevisses, oiseaux, voire meme un mammifi r<.
En outre 14 genres de végétaux étaient représentés durant leur période
d’abondance. Le channel catfish se présente donc comme un carnivore très
éclectique dans le choix de ses proies animales et qui à l’occasion ne dédaigné
pas les proies végétales. Avec le brochet Esox lucius le caractère carnivore
