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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
tence dans une même communauté d’espèces ayant des niches identiques.
Toutefois, les facteurs qui contrôlent l'abondance des populations sont si
mal connus, que l'on peut dire que, bien que théoriquement possible, cette
situation n'a pas encore été constatée. En général, on constate que deux
espèces ayant des niches identiques, ou presque identiques, ne coexistent
pas dans la même communauté ».
2.5. LA MORT
CLEF DE VOÛTE DE L’ÉCOSYSTÈME
.1 priori, c’est évidemment faire preuve d’un esprit de contradiction
certain que de vouloir placer la compréhension du fonctionnement d’un écosystème, c'est-à-dire de son existence, de sa vie même, sous le signe de la
mort de ses constituants, plutôt que sous celui de leur naissance.
11 est incontestable que ce qui intéresse le pêcheur c’est le poisson qu'il
peut prendre, celui qui a survécu, et non pas celui qui est mort en enfance.
Prenons un exemple théorique. Un couple de géniteurs fait une ponte de
1 000 œufs sur lesquels, après 996 décès à divers âges, restent, arrivant
à une taille intéressante correspondant à l’approche de la maturité sexuelle,
quatre poissons. Si deux passent dans le panier du pêcheur, il en restera
deux pour remplacer les parents (espèce ne frayant qu’une fois pour simplifier le problème) et la situation se maintient pour l’avenir. Ce sont ces quatre
poissons vivants sur lesquels il va en prélever deux qui intéressent le pécheur,
ce ne sont pas les 996 qui ont passé de vie à trépas. La chose est évidente,
elle ne peut soulever aucune discussion.
Examinons maintenant la situation sous l’angle des mortalités. Que
l'ambiance diminue le nombre des hécatombes qu’elle provoque de six unités, soit en chiffre rond de 0,6 pour cent, proportion infime, et le pêcheur
peut prendre quatre fois plus de poisson. Qu’elle les augmente de deux unités
soit en chiffre rond de 0,2 pour cent, proportion encore plus infime, et le
pêcheur ne peut plus rien prendre du tout sans entamer le capital. Il n’y
a plus de revenu disponible. Doit-on soutenir qu’il faille de grandes perturbations climatiques ou autres pour faire varier les taux de mortalité de
quelque 0,2, 0,6 ou 1,00 pour cent?
Cet exemple n’est évidemment que théorique, et seul est important
ce qui se passe en fait dans la nature. Venons-en donc à quelques exemples
réels :
Prenons d'abord le cas d'une espèce à capacité de reproduction relativement faible comme le saumon sockeye du Pacifique, qui ne fraye qu’une
fois, et dont la ponte voisine 4 000 œufs. En Colombie Britannique, sur
la rivière Skeena, le stock se maintient avec une proportion de 1/1 entre
le nombre de géniteurs et le nombre de captures. Sur la rivière Fraser, où
l'ambiance est plus favorable, cette proportion tombe à 1/4. Ces précisions
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
tence dans une même communauté d’espèces ayant des niches identiques.
Toutefois, les facteurs qui contrôlent l'abondance des populations sont si
mal connus, que l'on peut dire que, bien que théoriquement possible, cette
situation n'a pas encore été constatée. En général, on constate que deux
espèces ayant des niches identiques, ou presque identiques, ne coexistent
pas dans la même communauté ».
2.5. LA MORT
CLEF DE VOÛTE DE L’ÉCOSYSTÈME
.1 priori, c’est évidemment faire preuve d’un esprit de contradiction
certain que de vouloir placer la compréhension du fonctionnement d’un écosystème, c'est-à-dire de son existence, de sa vie même, sous le signe de la
mort de ses constituants, plutôt que sous celui de leur naissance.
11 est incontestable que ce qui intéresse le pêcheur c’est le poisson qu'il
peut prendre, celui qui a survécu, et non pas celui qui est mort en enfance.
Prenons un exemple théorique. Un couple de géniteurs fait une ponte de
1 000 œufs sur lesquels, après 996 décès à divers âges, restent, arrivant
à une taille intéressante correspondant à l’approche de la maturité sexuelle,
quatre poissons. Si deux passent dans le panier du pêcheur, il en restera
deux pour remplacer les parents (espèce ne frayant qu’une fois pour simplifier le problème) et la situation se maintient pour l’avenir. Ce sont ces quatre
poissons vivants sur lesquels il va en prélever deux qui intéressent le pécheur,
ce ne sont pas les 996 qui ont passé de vie à trépas. La chose est évidente,
elle ne peut soulever aucune discussion.
Examinons maintenant la situation sous l’angle des mortalités. Que
l'ambiance diminue le nombre des hécatombes qu’elle provoque de six unités, soit en chiffre rond de 0,6 pour cent, proportion infime, et le pêcheur
peut prendre quatre fois plus de poisson. Qu’elle les augmente de deux unités
soit en chiffre rond de 0,2 pour cent, proportion encore plus infime, et le
pêcheur ne peut plus rien prendre du tout sans entamer le capital. Il n’y
a plus de revenu disponible. Doit-on soutenir qu’il faille de grandes perturbations climatiques ou autres pour faire varier les taux de mortalité de
quelque 0,2, 0,6 ou 1,00 pour cent?
Cet exemple n’est évidemment que théorique, et seul est important
ce qui se passe en fait dans la nature. Venons-en donc à quelques exemples
réels :
Prenons d'abord le cas d'une espèce à capacité de reproduction relativement faible comme le saumon sockeye du Pacifique, qui ne fraye qu’une
fois, et dont la ponte voisine 4 000 œufs. En Colombie Britannique, sur
la rivière Skeena, le stock se maintient avec une proportion de 1/1 entre
le nombre de géniteurs et le nombre de captures. Sur la rivière Fraser, où
l'ambiance est plus favorable, cette proportion tombe à 1/4. Ces précisions
