ÉCOLOGIE ET ÉCOSYSTÈME. LA MORT CLEF DE VOÛTE
35
nous permettent de chiffrer les taux de survie, du stade œufs pondus au
stade géniteurs, de la façon suivante :
Skeena
2 reproducteurs
(1 couple)
4 000 œufs
2 reproducteurs
(1 couple)
4 000 œufs
I
1
2 saumons capturés
+
2 géniteurs
Fraser
8 saumons capturés
+
2 géniteurs
Survie 4/4 000 = 1/1 000
Survie 10/4 000
1/400
Débordons le cadre des eaux continentales pour voir le cas d’une espèce
marine, le maquereau de la côte est des États-Unis, espèce très prolifique
dont les jeunes sont en conséquence sujets à d’énormes mortalités. Selon
Clarke (1954) ces mortalités peuvent être résumées ainsi :
Stade
Durée
Mortalité
De la ponte à 10 millimètres de longueur
40 jours
14 pour cent par jour
Métamorphose post-larvaire ................... Quelques jours
30
Du stade post-larvaire à 50 millimètres..
40 jours
10
—
Au total, lorsque les jeunes maquereaux arrivent à une taille leur permettant de se nourrir seuls, il n’y a que quatre survivants pour un million
d’œufs, soit une mortalité de 99,9996 pour cent.
Laissant les poissons pour passer à un mollusque comme l'huître, hôte
des eaux saumâtres, nous arrivons à des chiffres déjà difficiles à imaginer :
500 millions d’œufs par ponte. S’ils donnaient 500 millions de géniteurs,
il suffirait de quatre générations pour avoir un amoncellement d'huîtres
représentant huit fois la terre !
Le phénomène est général, et dans toutes les populations en équilibre,
le maintien de la situation correspond à la survie d'un couple de géniteurs
par couple de géniteurs dont ils proviennent. Tout le reste a été anéanti
par une ambiance hostile, comprenant un ensemble de facteurs inorganiques
et un ensemble de facteurs organiques.
Tout au long de l’histoire, en ne laissant subsister pour la reproduction
qu’une infime partie des naissances, l'ambiance a fait une sélection naturelle.
Seul le plus apte s’est maintenu. Lorsqu’il y a eu un changement défavorable dans l’ambiance, ou bien les espèces n’ont pas pu le tolérer, l’infime
proportion de survivants a été réduite à zéro et l’espèce s’est éteinte ; ou
bien il y a eu évolution des espèces, que celle-ci se soit faite progressivement
ou que celle-ci soit le résultat de mutations.
Qu’intervienne au contraire une légère modification de l’ambiance,
modification imperceptible à l’homme, mais favorable à la survie infantile
de telle ou telle espèce, et l’on assiste à une pullulation soudaine de cette
espèce, souvent aussi fantastique qu’apparemment inexplicable.
35
nous permettent de chiffrer les taux de survie, du stade œufs pondus au
stade géniteurs, de la façon suivante :
Skeena
2 reproducteurs
(1 couple)
4 000 œufs
2 reproducteurs
(1 couple)
4 000 œufs
I
1
2 saumons capturés
+
2 géniteurs
Fraser
8 saumons capturés
+
2 géniteurs
Survie 4/4 000 = 1/1 000
Survie 10/4 000
1/400
Débordons le cadre des eaux continentales pour voir le cas d’une espèce
marine, le maquereau de la côte est des États-Unis, espèce très prolifique
dont les jeunes sont en conséquence sujets à d’énormes mortalités. Selon
Clarke (1954) ces mortalités peuvent être résumées ainsi :
Stade
Durée
Mortalité
De la ponte à 10 millimètres de longueur
40 jours
14 pour cent par jour
Métamorphose post-larvaire ................... Quelques jours
30
Du stade post-larvaire à 50 millimètres..
40 jours
10
—
Au total, lorsque les jeunes maquereaux arrivent à une taille leur permettant de se nourrir seuls, il n’y a que quatre survivants pour un million
d’œufs, soit une mortalité de 99,9996 pour cent.
Laissant les poissons pour passer à un mollusque comme l'huître, hôte
des eaux saumâtres, nous arrivons à des chiffres déjà difficiles à imaginer :
500 millions d’œufs par ponte. S’ils donnaient 500 millions de géniteurs,
il suffirait de quatre générations pour avoir un amoncellement d'huîtres
représentant huit fois la terre !
Le phénomène est général, et dans toutes les populations en équilibre,
le maintien de la situation correspond à la survie d'un couple de géniteurs
par couple de géniteurs dont ils proviennent. Tout le reste a été anéanti
par une ambiance hostile, comprenant un ensemble de facteurs inorganiques
et un ensemble de facteurs organiques.
Tout au long de l’histoire, en ne laissant subsister pour la reproduction
qu’une infime partie des naissances, l'ambiance a fait une sélection naturelle.
Seul le plus apte s’est maintenu. Lorsqu’il y a eu un changement défavorable dans l’ambiance, ou bien les espèces n’ont pas pu le tolérer, l’infime
proportion de survivants a été réduite à zéro et l’espèce s’est éteinte ; ou
bien il y a eu évolution des espèces, que celle-ci se soit faite progressivement
ou que celle-ci soit le résultat de mutations.
Qu’intervienne au contraire une légère modification de l’ambiance,
modification imperceptible à l’homme, mais favorable à la survie infantile
de telle ou telle espèce, et l’on assiste à une pullulation soudaine de cette
espèce, souvent aussi fantastique qu’apparemment inexplicable.
