ÉCOLOGIE ET ÉCOSYSTÈME. NICHES
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fréquence des pêches partielles jouent un rôle évident dans l'obtention de
ces rendements records. Ceux-ci n’en sont pas moins largement sous la dépendance de la charge initiale des étangs, charge qui comprend en général cinq
à six espèces de poissons choisis en fonction de leurs habitudes alimentaires
complémentaires, de sorte qu’aucune « niche » ne reste vacante :
Grass Carp .... Herbivore de surface
Silver Carp .... Planctonophage
Big Head......... Planctonophage
Mud Carp....... Se nourrissant de vers et détritus organiques de fond
Black Carp .... Se nourrissant de limaces et mollusques
Breain............. Omnivore
Carpe commune Omnivore, friande de détritus, mange les excréments
des autres espèces
Par ses habitudes fouilleuses, cette dernière espèce trouble l'eau et diminue ainsi la pénétration de la lumière, donc la production du phytoplancton.
maillon n° 1 du cycle alimentaire. En conséquence, la carpe commune n’est
déversée en général qu’en faible quantité dans les étangs de Chine. On voit
par cet exemple l’importance que revêt la connaissance exacte de la « niche ■
de tel ou tel organisme vivant ou passant dans nos eaux.
Dans son livre sur l’origine des espèces. Darwin (1861), étudiant les
problèmes posés par la « compétition », était arrivé à la conclusion que deux
formes occupant exactement la même niche écologique ne peuvent être
qu’en compétition intense et que l’une d’elles doit obligatoirement éliminer
l’autre.
Le fait est que, lorsque expérimentalement deux espèces sont mises
en'compétition directe sur le même besoin, la nourriture par exemple, l'une
d’elles élimine presque toujours l’autre (Gause, 1934; Crombie, 1945;
Dice, 1952).
Cette théorie de l’impossibilité de coexistence de deux espèces dans la
môme niche est séduisante, parce qu’elle explique à elle seule l’échec de
maintes tentatives d’acclimatation de nouvelles espèces dans des niches
déjà occupées, ou le succès d’acclimatations spectaculaires dans des niches
inoccupées. On lui fait cependant le sérieux reproche que, le jour où l’on
trouvera en cohabitation deux espèces ayant apparemment la même niche,
on pourra toujours, en poussant l’analyse suffisamment loin, montrer que
l’identité n’était qu’apparente et qu'en fait les deux niches étaient différentes.
Sur ce problème controversé, nous retiendrons avec Dice (1952) «que
théoriquement il n’y a qu’une situation écologique dans laquelle deux espèces
ayant la même niche peuvent coexister. Cette situation est celle où l'abondance de chaque espèce est maintenue par des facteurs autres que leur seule
densité à un niveau si bas qu’aucune compétition ne peut survenir entre ces
deux espèces pour l’un quelconque de leurs besoins essentiels. Il est possible
que l’existence de telles situations dans la nature explique les cas de coexis­
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