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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Plus tard l’homme perfectionna son outillage, se créa des armes et devint
chasseur, il s’attaqua à de plus grosses proies, qu’il mettait en pièces avec
ses outils avant de les absorber. Plus tard encore l’homme devint agriculteur. Il trouva une nouvelle source d’aliments en amalgamant des graines
ou des farines qu'il n’aurait pu absorber autrement.
Dans tout écosystème, comme l’homme primitif, les carnivores s’attaquent
normalement à des proies plus petites qu’eux, de façon à pouvoir d’abord
les maîtriser et ensuite les ingurgiter. Comme l’homme primitif, il leur faut
par ailleurs, compte tenu de leur abondance, s’attaquer à des proies suffisamment grosses pour que leur récolte journalière suffise à leur subsistance.
Des exceptions ne sont pas rares. Nombre de prédateurs améliorent
leur force physique individuelle par la tactique (constitution de hordes
pour les mammifères, de bancs pour les poissons) ou par la possession d’armes
spéciales (poison, pouvoir de fascination, etc.). Certains animaux peuvent
être adaptés pour, malgré leur taille, tirer parti de proies très petites, mais
alors très abondantes : baleines se nourrissant de crevettes, corégones se
nourrissant de plancton. Les carnivores n’en sont pas moins normalement
incapables de subvenir à leurs besoins en s’attaquant indifféremment à des
proies de dimensions très différentes.
Cette relation entre la taille de la proie et celle du prédateur conditionne
en grande partie l’existence des cycles alimentaires dans un écosystème.
Chaque maillon transforme pratiquement une nourriture d’une dimension
donnée dans une autre de dimension plus grande, la rendant ainsi absorbable par un prédateur plus grand. Mais, comme il y a une limite inférieure
et supérieure à la taille des animaux, un cycle alimentaire ne peut contenir
qu’un nombre restreint de niveaux trophiques, nombre qui en général ne
dépasse pas cinq.
2.4. NICHES
Nous avons déjà différencié les termes «habitat» et «niche» en précisant
avec Odum (1953) que, «l'habitat» d’une espèce désigne son «adresse»,
le lieu où la trouver, alors que sa « niche » désigne sa « profession » dans
la communauté dont elle fait partie : comment et où se repose-t-elle, comment et où se déplace-t-elle, comment et sur qui se nourrit-elle, comment
et par qui est-elle mangée?
La recherche de ces précisions constitue l’un des problèmes les plus importants de l'écologie, car sans elle il n’est pas possible de comprendre le fonctionnement d'un écosystème.
Prenons l'exemple d'un petit étang à eau chaude de Chine où, à défaut
peut-être de recherche scientifique systématique, quatre millénaires de
pratique consciencieuse ont porté le rendement annuel jusqu’à 9 000 kilogrammes de poissons à l’hectare.
La chaleur du climat, les distributions journalières de nourriture, la
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Plus tard l’homme perfectionna son outillage, se créa des armes et devint
chasseur, il s’attaqua à de plus grosses proies, qu’il mettait en pièces avec
ses outils avant de les absorber. Plus tard encore l’homme devint agriculteur. Il trouva une nouvelle source d’aliments en amalgamant des graines
ou des farines qu'il n’aurait pu absorber autrement.
Dans tout écosystème, comme l’homme primitif, les carnivores s’attaquent
normalement à des proies plus petites qu’eux, de façon à pouvoir d’abord
les maîtriser et ensuite les ingurgiter. Comme l’homme primitif, il leur faut
par ailleurs, compte tenu de leur abondance, s’attaquer à des proies suffisamment grosses pour que leur récolte journalière suffise à leur subsistance.
Des exceptions ne sont pas rares. Nombre de prédateurs améliorent
leur force physique individuelle par la tactique (constitution de hordes
pour les mammifères, de bancs pour les poissons) ou par la possession d’armes
spéciales (poison, pouvoir de fascination, etc.). Certains animaux peuvent
être adaptés pour, malgré leur taille, tirer parti de proies très petites, mais
alors très abondantes : baleines se nourrissant de crevettes, corégones se
nourrissant de plancton. Les carnivores n’en sont pas moins normalement
incapables de subvenir à leurs besoins en s’attaquant indifféremment à des
proies de dimensions très différentes.
Cette relation entre la taille de la proie et celle du prédateur conditionne
en grande partie l’existence des cycles alimentaires dans un écosystème.
Chaque maillon transforme pratiquement une nourriture d’une dimension
donnée dans une autre de dimension plus grande, la rendant ainsi absorbable par un prédateur plus grand. Mais, comme il y a une limite inférieure
et supérieure à la taille des animaux, un cycle alimentaire ne peut contenir
qu’un nombre restreint de niveaux trophiques, nombre qui en général ne
dépasse pas cinq.
2.4. NICHES
Nous avons déjà différencié les termes «habitat» et «niche» en précisant
avec Odum (1953) que, «l'habitat» d’une espèce désigne son «adresse»,
le lieu où la trouver, alors que sa « niche » désigne sa « profession » dans
la communauté dont elle fait partie : comment et où se repose-t-elle, comment et où se déplace-t-elle, comment et sur qui se nourrit-elle, comment
et par qui est-elle mangée?
La recherche de ces précisions constitue l’un des problèmes les plus importants de l'écologie, car sans elle il n’est pas possible de comprendre le fonctionnement d'un écosystème.
Prenons l'exemple d'un petit étang à eau chaude de Chine où, à défaut
peut-être de recherche scientifique systématique, quatre millénaires de
pratique consciencieuse ont porté le rendement annuel jusqu’à 9 000 kilogrammes de poissons à l’hectare.
La chaleur du climat, les distributions journalières de nourriture, la
