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PÈCHES CONTINENTALES. PRATIQUES d’AMÉNAGEMENT
comme les chanos et les muges, mais elles comportent des prédateurs, comme
les bars et les anguilles, qui se nourrissent aux dépens des muges, espèces
les plus intéressantes localement sur le plan alimentaire, sinon sur le plan
de la gastronomie.
La richesse des tambaks et leur productivité est évidemment fonction
des apports de sels nutritifs par les eaux douces et par l’eau de mer. Elle
est en outre, et surtout, fonction de la richesse du fond, qui est entretenue
par les assecs et les façons culturales. L’abondante production d’algues
bleues qui en résulte entretient cette richesse au lieu de l’épuiser. Dans les
vallis de l’Adriatique, rien de semblable. Pas d’assecs périodiques, pas de
façons culturales, pas d’algues bleues. Le potentiel nutritif est, avant tout,
fonction des apports de sels minéraux par l’eau de mer. Ces apports sont
d’ailleurs beaucoup plus importants qu’en Indonésie. Ils sont indispensables
pour lutter contre une eutrophisation trop poussée, conséquence de la
putréfaction d’abondantes algues vertes, qui a tendance, en été, à faire tomber la teneur en oxygène dissous au-dessous du minimum vital.
Rien d’étonnant, qu’avec ces caractéristiques, les vallis de l’Adriatique
n’aient qu’une production de 140 à 150 kilogrammes à l’hectare, contre 250,
500 et même 1 100 kilogrammes pour les tambaks des régions indo-pacifiques.
La différence qui existe entre ces deux types voisins d’exploitation est la
même que celle qui existe entre les étangs d’eau douce d’Europe et les étangs
d’Extrême-Orient ou d’Afrique : vallis et étangs européens sont beaucoup
trop étendus pour permettre un contrôle du peuplement et un élevage
intensif ; cette possibilité ne peut être le privilège que des étendues d’eau
de faible importance.
15.1. VIVIERS EN RIVIÈRE
L’engraissement des stocks de poissons confinés dans des viviers établis
en rivière relève de techniques différentes, suivant qu’il repose ou non sur
une distribution de nourriture artificielle.
15.10. Engraissement sans apport de nourriture artificielle
Vaas et Sachlan (1956) rendent compte des résultats obtenus depuis 1940
dans l’engraissement des carpes, au moyen de viviers en bambous ou
« karamba » ancrés sur le fond de la petite rivière Tjibunut qui sert d’égout
aux quartiers populeux de Java, puis ensuite dans la rivière Tjimaragas.
Aux points d’ancrage, l’eau de la première rivière à une forte teneur
en excréments et déchets de cuisine, mais ceux-ci sont à un stade d’autoépuration actif entraînant une pullulation de bactéries, champignons,
algues, vers, crustacés et larves d’insectes d’espèces variées. La nourriture
des carpes se compose principalement de vers et de larves d’insectes. Dans la
deuxième rivière, l’auto-épuration est beaucoup plus lente du fait de la nature
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