EAUX A CARACTÈRE HYBRIDE. LAGUNES
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aux communes riveraines, qui l’exploitent, d’une part en louant le droit
de pèche à la ligne aux sociétés de pêche d'amateurs, d’autre part en concédant des licences de pêche au filet aux professionnels. Ces derniers opèrent
soit en péchant au filet dans les étangs, soit en installant un barrage-piège
en tête du « courant », afin d’y capturer les anguilles d’avalaison.
Dans les grands étangs, les espèces non carnivores, dont la valeur marchande locale est faible, paraissent être sous-exploitées, surtout lorsque ces
étangs ont une végétation aquatique relativement importante. Le peuplement d’anguilles, espèce appréciée, est au contraire exploité au maximum
par la capture dans les barrages-pièges de la plus grande partie de la migration d’avalaison. S’il était possible de faire table rase des droits de pêche
anciens, ou tout au moins de les réglementer différemment, il pourrait être
indiqué de réduire, voire d’interdire, toute pêche de piballes dans les « courants ». Ces jeunes anguilles auraient alors la possibilité de se développer
dans ces étangs littoraux, aux dépens du stock d’espèces non carnivores
sous-exploité et de peu de valeur, et d’augmenter en proportion les captures
d’anguilles d’avalaison.
15.012. Troisième exemple : lagune ou « vallis » de la côte
adriatique italienne
Les vallis de la côte adriatique italienne sont des lagunes naturelles,
plus ou moins grandes, où les arrivées d’eau douce et les canaux de connection avec la mer sont aménagés pour permettre : (1) le contrôle des entrées
et sorties d’eau douce et d’eau de mer ; (2) l’immigration des alevins de
mulets, d’anguilles, de bars, de daurades, etc. ; (3) la capture de ces mêmes
poissons, lorsqu’ils retournent à la mer après s’être engraissés dans les eaux
lagunaires.
La « valliculture » italienne (D’Ancona, 1954) occupe ainsi une place
intermédiaire entre l’exploitation plus ou moins intensive, véritable aquiculture, des tambaks de la région indo-pacifique (13.14), et l’exploitation
plus ou moins extensive, par la pêche, des types de lagunes précédemment
étudiés.
Ces étendues d’eau, plus ou moins vastes, ne se prêtent pas à des élevages
non seulement monospécifiques, mais encore par classes d âge séparées,
comme dans les tambaks. Pour tirer parti au mieux de ces (‘tendues d eau,
difficilement contrôlables, et qui en général ne sont pas soumises à des assecs
périodiques, on élève ensemble toutes les espèces de tous les âges qui veulent
bien y entrer. Depuis quelques années, on complète parfois cette immigration naturelle par une introduction d’alevins de muges en provenance des
régions littorales où ils sont le plus abondants et le plus faciles a capturer.
Cette solution a évidemment l’avantage de faire occuper le maximum possible de niches d’un milieu fort complexe. Si le potentiel nutritif est ainsi
utilisé en très grande part, il s’en faut qu il le soit au mieux. Non seulement
toutes les espèces élevées ne sont pas à chaîne alimentaire ultra courte.
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