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PÊCHES CONTINENTALES. PRATIQUES D’AMÉNAGEMENT
entraîne la perte de sa progéniture. La réglementation de la pêche prévoit
en conséquence : (1) une fermeture totale en avril-mai, période de reproduction la plus active ; (2) la mise en réserve des zones de fraye ; (3) une dimension
minimum des mailles pour les filets ; (4) une taille de capture minimum pour
les tilapias.
Compte tenu de l’immense étendue de ces quatre lacs et de la résilience
des tilapias, ces mesures conservatoires ne sont-elles pas trop fortes et ne
risquent-elles pas de conduire à une surpopulation de tilapias, avec diminution corrélative des tailles de capture (fig. 15.2)? Sont-elles au contraire
justifiées par la faible profondeur du lac et l’intensité de la pêche au filet
(30 000 pêcheurs)? C’est probable, l’âge moyen des captures ne dépassant
guère un an.
Quoi qu’il en soit, l’exploitation des tilapias, espèces prédominantes,
implique une pêche intensive au filet dans le lac pêche intensive qui capture
évidemment en même temps les espèces migratrices : muges et anguilles.
Pour éviter que ces dernières ne souffrent de surexploitation, toute pêche
est formellement interdite dans les canaux de communication avec la mer,
ainsi que dans leur voisinage (El Saby, 1951). Cette situation est à mettre
en opposition avec celle des lagunes dont l’exploitation porte principalement,
ou devrait porter principalement, sur les espèces migratrices. Dans ce cas,
ces espèces peuvent être capturées beaucoup plus économiquement durant
leur migration dans les canaux de jonction avec la mer.
Sont à signaler les transferts de ces lagunes au lac intérieur d’eau douce
de Karoun (20000 hectares) de Mugil cephalus, de Mugil capito et de Solea
vulgaris. Mugil cephalus s’est parfaitement bien développé en eau douce
(jusqu’à 10 kilogrammes), mais ne s’y est pas reproduit. Au contraire Mugil
capito et Solea vulgaris semblent s’y reproduire parfaitement.
15.011. Deuxième exemple : étangs littoraux français de la
côte des Landes
Entre Adour et Gironde, derrière la dune littorale, il existe sur la côte
des Landes une suite d’étangs d’une superficie variant de 100 à 7 000 hectares. Quoique peu profonds en général, certains dépassent cependant
10 mètres. A marée haute, les eaux marines remontent plus ou moins loin
dans les étangs à altitude la plus faible. Le plus grand nombre est à une altitude suffisante pour que la marée n’y pénètre pas. Les muges et les anguilles
y entrent cependant en remontant le chenal appelé localement « courant ».
Tout en possédant pour la plupart des eaux totalement douces, ces étangs
côtiers abritent anguilles et muges en proportion appréciable, ce qui leur
vaut notre classification dans les eaux lagunaires.
Dans les « courants », et à leur embouchure, le droit de pêche appartient
en général aux marins « inscrits maritimes », qui se livrent à une pêche intensive des piballes, jeunes anguilles arrivant de la mer et pénétrant dans
l'étang (fig. 1.7). Dans les étangs eux-mèmes, le droit de pêche appartient
PÊCHES CONTINENTALES. PRATIQUES D’AMÉNAGEMENT
entraîne la perte de sa progéniture. La réglementation de la pêche prévoit
en conséquence : (1) une fermeture totale en avril-mai, période de reproduction la plus active ; (2) la mise en réserve des zones de fraye ; (3) une dimension
minimum des mailles pour les filets ; (4) une taille de capture minimum pour
les tilapias.
Compte tenu de l’immense étendue de ces quatre lacs et de la résilience
des tilapias, ces mesures conservatoires ne sont-elles pas trop fortes et ne
risquent-elles pas de conduire à une surpopulation de tilapias, avec diminution corrélative des tailles de capture (fig. 15.2)? Sont-elles au contraire
justifiées par la faible profondeur du lac et l’intensité de la pêche au filet
(30 000 pêcheurs)? C’est probable, l’âge moyen des captures ne dépassant
guère un an.
Quoi qu’il en soit, l’exploitation des tilapias, espèces prédominantes,
implique une pêche intensive au filet dans le lac pêche intensive qui capture
évidemment en même temps les espèces migratrices : muges et anguilles.
Pour éviter que ces dernières ne souffrent de surexploitation, toute pêche
est formellement interdite dans les canaux de communication avec la mer,
ainsi que dans leur voisinage (El Saby, 1951). Cette situation est à mettre
en opposition avec celle des lagunes dont l’exploitation porte principalement,
ou devrait porter principalement, sur les espèces migratrices. Dans ce cas,
ces espèces peuvent être capturées beaucoup plus économiquement durant
leur migration dans les canaux de jonction avec la mer.
Sont à signaler les transferts de ces lagunes au lac intérieur d’eau douce
de Karoun (20000 hectares) de Mugil cephalus, de Mugil capito et de Solea
vulgaris. Mugil cephalus s’est parfaitement bien développé en eau douce
(jusqu’à 10 kilogrammes), mais ne s’y est pas reproduit. Au contraire Mugil
capito et Solea vulgaris semblent s’y reproduire parfaitement.
15.011. Deuxième exemple : étangs littoraux français de la
côte des Landes
Entre Adour et Gironde, derrière la dune littorale, il existe sur la côte
des Landes une suite d’étangs d’une superficie variant de 100 à 7 000 hectares. Quoique peu profonds en général, certains dépassent cependant
10 mètres. A marée haute, les eaux marines remontent plus ou moins loin
dans les étangs à altitude la plus faible. Le plus grand nombre est à une altitude suffisante pour que la marée n’y pénètre pas. Les muges et les anguilles
y entrent cependant en remontant le chenal appelé localement « courant ».
Tout en possédant pour la plupart des eaux totalement douces, ces étangs
côtiers abritent anguilles et muges en proportion appréciable, ce qui leur
vaut notre classification dans les eaux lagunaires.
Dans les « courants », et à leur embouchure, le droit de pêche appartient
en général aux marins « inscrits maritimes », qui se livrent à une pêche intensive des piballes, jeunes anguilles arrivant de la mer et pénétrant dans
l'étang (fig. 1.7). Dans les étangs eux-mèmes, le droit de pêche appartient
