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PÈCHES CONTINENTALES. PRATIQUES D’AMÉNAGEMENT
bactéries mortes, de l’assimilation chlorophyllienne, de la fixation d’azote
par les algues bleues, etc. Un tambak à algues bleues peut alors garder
une production élevée en principe indéfiniment. Que la vase soit soumise
à un mouvement trop violent de la part de l’eau, que ce pâturage aquatique
soit surchargé, ou qu’intervienne une dessiccation brusque lors d’un assec,
la couverture d’algues bleues, de diatomées et de bactéries est perturbée
dans son fonctionnement. Le développement des algues bleues s’arrête,
l’équilibre est rompu. Certains sols perdent alors leur cohésion et deviennent
complètement fluides, tandis que d’autres prennent une texture granuleuse
et ne pourront que rarement reprendre leur ancien état de vase gélatineuse.
Le maximum de soin est donc apporté à la conservation de la flore
d’algues bleues, car, ainsi que le précise Schuster (1952), un étang à algues
bleues a une production de poissons constante et continue qui est fonction
de la fertilité de l’étang. Au contraire, avec une flore de Chlorophycées, un
tambak a une production irrégulière. Sur toute la masse d’algues vertes
il n’y en a qu’une très faible partie de digestible pendant leur développement.
Ce n’est qu’après maturation que, ramollis par un début de putréfaction,
les tissus végétaux sont susceptibles d’être absorbés et assimilés par les chanos et les mulets.
13.142. Méthode d’élevage
L’élevage en tambaks comporte normalement trois phases : la récolte
ou production d’alevins, la production de fingerlings en partant des alevins,
et la production de poissons marchands en partant des fingerlings (Rabanal,
1951, 1952 ; Rabanal et al., 1953 ; Schuster, 1952 b ; Hofstede et al., 1953 ;
Mane et al., 1953 ; Huet, 1956).
13.142,0. Récolte ou production d’alevins
Les chanos ne se reproduisant pas en élevage, leurs alevins doivent être
capturés sur les plages qu’ils viennent fréquenter en grand nombre, mais
de façon très éphémère, à certaines époques de l’année. Aux Philippines
ces récoltes se font surtout en mai-juin, en Indonésie en octobre-novembre,
puis avril-mai. Aux Philippines la capture se fait en général directement à
l’épuisette ou avec une seine à mailles très fines. A Java une longue chenille, faite de feuilles de palmiers, est tendue comme un filet perpendiculairement au rivage. Les alevins viennent chercher refuge dans les
feuilles de palmiers où on les récolte avec de petites épuisettes.
Amenés à terre, un triage délicat s’impose pour éliminer les alevins des
autres espèces qui risqueraient de porter tort à l’élevage des chanos. Le
premier entreposage a lieu en général dans des jarres en terre remplies d’eau
de mer ou dans des jattes en bambous tressés et laquées intérieurement.
Pour les transports, jusqu’aux régions où se trouvent les tambaks, on utilise les mêmes récipients, mais on y ajoute jusqu’à 90 pour cent d’eau douce.
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