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PÊCHES CONTINENTALES. PRATIQUES D’AMÉNAGEMENT
riche potentiel alimentaire, les eaux saumâtres auront un rendement en
poissons d’autant plus important que l’on pourra mieux y aménager la
pèche et la pisciculture en vue de la seule production d’espèces de choix
à chaîne alimentaire la plus courte possible.
A titre documentaire signalons :
(1) Comme production d’eau lagunaire : les quatre lacs du delta du Nil
en Égypte (220 000 hectares) avec une production de 118 kilogrammes
à l’hectare (15.010) ;
(2) Comme production d’étangs aménagés : les tambaks d’Indonésie
avec une production qui oscille entre 150 et 500 kilogrammes à l’hectare,
en se maintenant le plus souvent entre 200 et 250 kilogrammes ; les tambaks
des Philippines avec une production du même ordre de grandeur et ceux de
Formose avec une production allant jusqu’à 1 100 kilogrammes à l’hectare.
13.14. Exemple d’aménagement :
tambaks de la région Indo-Pacifique
13.140. Historique
Ces fameux « tambaks » semblent avoir pris naissance entre 1200 et 1400.
C’est à cette époque que de l’Inde des forçats furent envoyés sur les côtes
de Java et de Madura pour travailler aux marais salants et entretenir les
feux côtiers. Ces proscrits n’avaient l’autorisation ni de cultiver la terre, ni
d'embarquer sur un bateau, ni même de se vêtir. Il est vraisemblable que,
dans un tel état de dénuement, ce sont eux qui les premiers ont aménagé de
petites lagunes pour la capture des poissons et des crevettes qui fréquentent
le littoral, afin de ne pas mourir de faim. Certains points du littoral de Java
et de Madura étant des points d’élection pour les rassemblements éphémères
d'alevins de chanos, ceux-ci furent capturés. Avec le temps, les proscrits
ont dù se rendre compte des possibilités d’élevage exceptionnel de ce poisson,
qui semblait vraiment une manne tombée du ciel pour leur venir en aide
dans leur dénuement (Schuster, 1952 b).
13.141. Établissement et entretien
Très variable suivant le coût de la main-d’œuvre locale, le coût de l’aménagement d’un tambak est toujours relativement élevé. On ne peut donc
envisager la création de tambaks, d’une part que sur des sols riches susceptibles de produire au moins 100 kilogrammes de poisson à l’hectare, et d’autre
part que dans les régions où il est possible de se procurer les alevins nécessaires à leur chargement.
Les producteurs de protéines à grand rendement sont les poissons à
chaîne alimentaire la plus courte possible : les mangeurs de phytoplancton
et d’algues, dans le cas particulier le chanos, les muges et nouveau venu
PÊCHES CONTINENTALES. PRATIQUES D’AMÉNAGEMENT
riche potentiel alimentaire, les eaux saumâtres auront un rendement en
poissons d’autant plus important que l’on pourra mieux y aménager la
pèche et la pisciculture en vue de la seule production d’espèces de choix
à chaîne alimentaire la plus courte possible.
A titre documentaire signalons :
(1) Comme production d’eau lagunaire : les quatre lacs du delta du Nil
en Égypte (220 000 hectares) avec une production de 118 kilogrammes
à l’hectare (15.010) ;
(2) Comme production d’étangs aménagés : les tambaks d’Indonésie
avec une production qui oscille entre 150 et 500 kilogrammes à l’hectare,
en se maintenant le plus souvent entre 200 et 250 kilogrammes ; les tambaks
des Philippines avec une production du même ordre de grandeur et ceux de
Formose avec une production allant jusqu’à 1 100 kilogrammes à l’hectare.
13.14. Exemple d’aménagement :
tambaks de la région Indo-Pacifique
13.140. Historique
Ces fameux « tambaks » semblent avoir pris naissance entre 1200 et 1400.
C’est à cette époque que de l’Inde des forçats furent envoyés sur les côtes
de Java et de Madura pour travailler aux marais salants et entretenir les
feux côtiers. Ces proscrits n’avaient l’autorisation ni de cultiver la terre, ni
d'embarquer sur un bateau, ni même de se vêtir. Il est vraisemblable que,
dans un tel état de dénuement, ce sont eux qui les premiers ont aménagé de
petites lagunes pour la capture des poissons et des crevettes qui fréquentent
le littoral, afin de ne pas mourir de faim. Certains points du littoral de Java
et de Madura étant des points d’élection pour les rassemblements éphémères
d'alevins de chanos, ceux-ci furent capturés. Avec le temps, les proscrits
ont dù se rendre compte des possibilités d’élevage exceptionnel de ce poisson,
qui semblait vraiment une manne tombée du ciel pour leur venir en aide
dans leur dénuement (Schuster, 1952 b).
13.141. Établissement et entretien
Très variable suivant le coût de la main-d’œuvre locale, le coût de l’aménagement d’un tambak est toujours relativement élevé. On ne peut donc
envisager la création de tambaks, d’une part que sur des sols riches susceptibles de produire au moins 100 kilogrammes de poisson à l’hectare, et d’autre
part que dans les régions où il est possible de se procurer les alevins nécessaires à leur chargement.
Les producteurs de protéines à grand rendement sont les poissons à
chaîne alimentaire la plus courte possible : les mangeurs de phytoplancton
et d’algues, dans le cas particulier le chanos, les muges et nouveau venu
