EAUX SEMI-DOMESTIQUES. ÉTANGS DEAl SAUMÂTRE
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Le tilapia mossambica Peters
Le tilapia mossambica est un Cichlidé originaire du bassin du Zambèze
en Afrique. Dans ces lacs d’origine volcanique et à forte évaporation, le
degré de salinité arrive à dépasser celui de la mer. Adapté depuis des siècles
à des conditions de vie très variables ce tilapia grandit et se reproduit soit
en eau douce, soit en eau de mer. Comme nombre d’autres Cichlidés le tilapia
mossambica a une incubation buccale et son élevage est facile. Les jeunes
se nourrissent de diatomées, d’algues unicellulaires, de petits crustacés
et de périphyton. Les adultes ajoutent à leur menu les matières végétales
en décomposition et des algues filamenteuses que dédaignent d’autres espèces
végétariennes.
Jusqu’en 1939 le tilapia mossambica, de même d’ailleurs que toute la
famille des Cichlidés était totalement inconnu en Indonésie. On ne sait
comment il y fut introduit. En 1939 un certain Pak Mudjair captura des
poissons dans l’estuaire du Serang, sur la côte Sud-Ouest de Java, et les
ramena chez lui où il les entreposa dans un vivier d’eau douce. Tous moururent à l’exception de quelques spécimens d’une espèce inconnue dans le
pays et qui, sans autre précaution, se mirent à proliférer d’eux-mèmes
rapidement. Schuster signala le fait et son importance à la conférence
des experts des pêches continentales tenue à Surabaja, en novembre 1935 * .
Localement, sur la proposition de Schuster, le tilapia reçu le nom
d’ikan mudjair (poisson de Mudjair). Dans les années qui suivirent, l'exploitation des tambaks fut sur le point d’être arrêtée ; la guerre ne permettant
par leur approvisionnement en alevins de chanos. L’ikan mudjair prit la
relève. Les résultats furent tels que ce poisson donna son nom à une rue de
Bandung, et qu’il fut ensuite introduit et apprécié dans les étangs de nombreux pays : Malaisie, Pakistan, Siam, Thaïlande, Jamaïque. Haïti. Egypte...
(Waas et Hofstede, 1952; Schuster, 1952).
Outre chanos, muges et tilapia mossambica. d'autres espèces moins
importantes fréquentent les lagunes : anguilles, dorades, poissons plats...,
et parmi les invertébrés les crevettes et les huîtres qui dans certaines régions
sont l’objet d’une pêche importante.
13.13. Productivité des eaux saumâtres
Lagunes et tambaks reçoivent, directement ou indirectement, d une part
des eaux douces généralement plus riches en azote et matières organiques,
voire même en phosphore que les eaux marines, d autre part les eaux marines
plus riches en potassium et en calcium que les eaux douces. A I origine les
eaux saumâtres sont donc privilégiées quant a la teneur en sels nutritifs.
Comme ailleurs, ceux-ci sont fixés par la vase du fond. La profondeur étant
en général faible, ces sels sont facilement mobilisés par le phytoplancton
qui peut se développer depuis la surface jusqu’au fond. Ainsi dotées d un
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