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PÊCHES CONTINENTALES. PRATIQUES D’AMÉNAGEMENT
les variations climatiques sont plus accusées. La salinité varie également
dans d’assez fortes proportions sous l’influence de l'irrégularité des débits
des tributaires qui alimentent les étangs ou lagunes. Les autres caractères
physiques et chimiques tels que le pH, l’oxygénation et la teneur en sels
dissous sont également extrêmement variables.
13.121. Les espèces piscicoles
Avec des caractéristiques aussi instables, les eaux saumâtres ne se sont
guère prêtées à l’établissement d’une faune particulière vraiment autochtone.
Réserve faite du tilapia mossambica, introduit dans ces eaux depuis 1940
et qui s’y reproduit sans difficulté, les lagunes ne sont normalement fréquentées que par un petit nombre d’espèces marines plus ou moins euryhalines
qui viennent y passer ou qui sont susceptibles d’y passer une partie de
leur vie (D’Ancona, 1931, 1933). Une revue de ces diverses espèces ne rentrerait évidemment pas dans le cadre de cette étude. Quelques mots sont
cependant indispensables sur les espèces les plus ubiquistes, en particulier
sur celles les plus couramment utilisées dans la pisciculture en « tambaks » :
le chanos chanos, les muges et le tilapia mossambica.
Le chanos chanos (Forskal), ou milkfish, ou bandeng.
L’aire de reproduction du chanos est très étendue, elle va de la côte
d’Afrique aux Tuamotu et du sud du Japon en Nouvelle-Zélande. Cependant les captures de chanos en mer dans cet immense secteur sont rares,
et nulle part elles ne donnent lieu à une pêche spécialisée. A l’état sauvage
le chanos ne fait guère parler de lui que par l’apparition soudaine et éphémère de ses bancs d’alevins sur certaines côtes privilégiées : Java, Madura,
Célèbes, Inde, Philippines, Vietnam, Thaïlande.
L’apparition de ces alevins âgés de deux à trois semaines semble être
sous la dépendance de la mousson et des phases de la lune. Une dizaine de
jours après leur arrivée les jeunes poissons disparaissent pour ne plus faire
parler d’eux. Capturables en grande quantité à peu de frais, facilement
transportables, supportant d’énormes écarts de salinité, ces jeunes chanos
sont précieux pour l’ensemencement des étangs d’eaux saumâtres ou « tambaks ». Se nourrissant principalement de phytoplancton, d’algues et de bactéries, ayant donc une chaîne alimentaire ultra-courte, cette espèce, par
ailleurs très estimée, donne normalement d’excellents rendements.
Les muges ou mulets
La famille des Mugilidés comprend une grande variété d’espèces. Plusieurs d’entre elles, par ailleurs très appréciées, supportent de fortes variations de salinité et pénètrent d’elles-mêmes parfois assez loin dans les lagunes
et les estuaires. Ce sont ces migrations naturelles, sans lien direct avec la
reproduction, qui sont en général mises à profit pour la mise en valeur de
nombreuses lagunes. Comme le chanos, les muges sont des végétariens qui
se nourrissent surtout d’algues.
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