INFORMATION. NÉCESSITÉ. POSSIBILITÉS ET LIMITES
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— Les profanes qui croient tout savoir et qui, par leur nombre et leur
vote, conditionnent toujours plus ou moins la politique suivie par le Pouvoir.
— Les administrateurs responsables, issus de l’un des trois groupes
précédents, qui, s’ils sont dignes de ce nom. doivent : (1) savoir utiliser le
savoir des savants et techniciens ; (2) savoir informer judicieusement les
profanes.
Ce rappel des responsabilités et participations dans l'exploitation des
pèches continentales nous montre que c’est par la qualité et l’efficacité de
l’information dans son ensemble que l'administrateur conduira les pêcheries
dont il a la charge vers un meilleur aménagement : formation appropriée des
scientifiques et techniciens d’une part, information du public d'autre part,
de façon que ce dernier n’œuvre pas à l’encontre de ses intérêts réels, soit
directement par sa conduite dans la nature, soit indirectement par ses votes
et l’action de ses représentants.
Cette nécessité de l’information est d'autant plus impérieuse que le facteur
humain prend une place plus importante dans l'environnement du poisson
(Eschmeyer, 1942, 1953 ; Schuster, 1952).
Si nous admettons qu’au total l’homme n'est ni volontairement destructeur de richesses naturelles, ni foncièrement et intentionnellement
égoïste aux dépens des droits de son prochain actuel et futur, nous pouvons
espérer que, mieux informé des répercussions de ses actes, il se conduira
mieux que par le passé vis-à-vis des ressources naturelles dont il est le bénéficiaire actuel.
Cette information, de même que toutes formations religieuses avec
lesquelles elle a de multiples points communs, part du principe que dans tout
homme existent à la fois des tendances bonnes et mauvaises. Son action doit
en conséquence être double: une action négative, faite d'interdictions destinées à freiner ce que les tendances naturelles de l'homme peuvent avoir de
dangereux pour la conservation des ressources naturelles; une action positive faite d’encouragements destinés à renforcer ce que les tendances naturelles de l’homme peuvent avoir de favorable à cette conservation. Pour
être efficaces, ces deux actions doivent être basées, non sur une obéissance
aveugle, mais sur la compréhension du pourquoi de chaque directive.
Durant les décades et siècles passés, l’accent fut mis surtout sur une
information négative, autrement dit sur une réglementation qui, faute de
mieux, était surtout basée sur des idées préconçues. Le résultat fut loin
d’être merveilleux (Bund, 1899; Sanchez de Pina, 1930; de Boisset et
Vibert, 1945 ; Schie. menz, 1953).
A l’heure actuelle, il semble qu’il faille se ranger à l'avis de maints spécialistes de la conservation des ressources naturelles (entre autres Luis, 1917 ;
McNeel, 1949; Eschmeyer, 1953; Black, 1954; Wohletz, 1956). Selon
ces auteurs, rien d’important ni de durable ne saurait être réalisé en la
matière sans une action positive directe sur le public, de façon à créer réel­
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