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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DEMENAGEMENT
ont une très faible résilience, comme les saumons, les risques de surexploitation sont grands.
Sur les cours d’eau à eau froide de largeur réduite, les truites, dont la
résilience est faible, peuvent sur certains secteurs ne se trouver nulle part
hors d’atteinte du pécheur. Le stock de truites risque d’être surexploité. Sur
d’autres secteurs, configuration du terrain, végétation littorale, faiblesse
même de la largeur, réduisent accès et commodités de pêche, ce qui explique
le phénomène classique de sous-exploitation de maints ruisseaux pratiquement
dépourvus de truites ayant la taille légale (truites ne dépassant guère
200 grammes à 10 ans d’àge, même à 200 mètres d’altitude et en terrain
non granitique) du fait du trop grand nombre de truites pour la nourriture
disponible. Une étude succincte sur l’âge et la croissance est ici indispensable
(chap. 18).
11.02. Efficacité intrinsèque
Une mesure réglementaire ne peut normalement être efficace qu’à la
condition d’être biologiquement fondée. Nous verrons donc d’abord quelle
est la valeur des concepts qui dans le passé ont servi de base à la réglementation, pour procéder ensuite à un examen critique de l’efficacité des principales mesures réglementaires édictées de par le monde (Matagne, 1950 ;
Rounsefell et Everhart, 1953).
11.020. Fondement
La majeure partie de ces mesures a été en fait plus ou moins basée sur
les concepts ci-après :
(!) Moins les pêcheurs capturent de poissons actuellement, plus il y
aura de poissons à prendre dans l’avenir ;
(2)
Plus il y aura de géniteurs, plus il y aura d’alevins ;
(3) Tous les petits poissons doivent être strictement protégés jusqu’à ce
qu’ils puissent se reproduire une fois, sinon deux ;
(4)
Il est indispensable de protéger le poisson pendant la fraye.
A l'heure actuelle il nous faut admettre que ces propositions ne contiennent
qu’une part de vérité très réduite.
La proposition (1) est infirmée par tous les travaux sur la dynamique des
populations (chap. 8). A chaque pêcherie correspondent une charge biotique
(capital) et une production (revenu en puissance) (3.20 — 6.132). Une exportation par pêche supérieure au revenu amoindrira le capital. Une exportation
par pêche inférieure à la production ne permettra pas de garder en réserve
le revenu non prélevé. L’exploitant d’une pêche ne peut pas plus cumuler
ses revenus que l’exploitant d’une terre ne peut cumuler ses récoltes de
céréales en ne les moissonnant que tous les trois ou quatre ans.
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