POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
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10.042,10. Territorialité des truites
Après s’être assurées la possession d'un abri qui leur évite de se fatiguer
parfois à mort en luttant contre le courant, les espèces d'eau vive défendent
leur «territoire» (Gerking, 1953; Miller, 1957). Les truites sauvages
restent donc, dans leur habitat naturel, éminemment sédentaires, réserve
faite de leur période de migration.
Les contrôles après repeuplement montrent que plusieurs possibilités
s’offrent aux sujets introduits dans un secteur «le rivière :
(1) Trouver un abri libre au plus près du point de déversement, et s'y
maintenir ;
(2) Faute d’abris libres, divaguer, avec tendance à se laisser entraîner par
le courant, et avec lourdes mortalités par suite de fatigue (10.011.02) ;
(3) Pour des sujets sauvages transplantés, en provenance de l’amont ou
de l’aval de la même rivière, retourner à leur territoire d’origine. Les expériences de Miller (1954) sur la truite cutt hroat, Salmo clarki, ont montré que :
(a) ce retour est très peu marqué pour les truites en provenance d'aval, par
rapport à celles provenant d’amont, ce qui autorise l’hypothèse de l'intervention d’une mémoire olfactive dans ce retour au territoire d'origine ; (Z>) ce
retour ne s’effectue plus si l’amplitude du transport amont-aval dépasse
500 à 600 mètres ; (c) ce retour ne s’effectue plus si les truites sont d'abord
maintenues captives pendant au moins un mois dans le secteur d'introduction
transformé en enclos.
Lorsque l’époque de la maturité sexuelle approche, les truites reproductrices abandonnent leur territoire, s'en vont normalement chercher des frayères vers l’amont et pénètrent dans les petits affluents lorsque le niveau
d’eau le permet f1). Cette pénétration se poursuit-elle longtemps? Y a-t-il là
une véritable migration à plus ou moins longue distance comme on l'a prétendu? Peut-on compter sur les « pouponnières » d'alevins des hautes vallées
pour alimenter en truites les secteurs d'aval éloignés?
11 semble qu’il faille avec Miller (1953) abandonner un certain nombre
d’idées préconçues à ce sujet :
Les populations de truites de petite taille caractérisant les petits ruisseaux
ne se composent pas seulement de jeunes individus. Toutes les classes d'âges
y sont représentées et les sujets de 5 à 7 ans pesant 50 à 150 grammes, et
s’étant déjà reproduits plusieurs fois, n'y sont pas rares. L’excellence des
conditions de fraye dans ces ruisseaux fait que les taux de survie embryonnaire
et larvaire y sont très élevés. La compétition alimentaire ultérieure y est forcément intense et la croissance très réduite.
D’après Miller, aucune émigration notable de ces populations vers l’aval
n'a été mise en évidence par les nasses de contrôle. Que quelques grosses
(1) Les déplacements vers l’aval s’observent également, à défaut de zones de fraye convenables à l’amont.
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