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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
Si, cas fréquent, et le plus général pour les truites, les œufs, alevins ou
truitelles de repeuplement proviennent d’un stock de géniteurs d’élevage, le
problème s’aggrave. Non seulement les géniteurs ont eux aussi évité en grande
partie la sélection naturelle mais ils sont parfois, ou souvent, le fruit d’une
sélection artificielle basée sur leur coloration, leur rapidité de croissance,
leur nombre d’œufs, leurs qualités gastronomiques, etc. ; caractères qui n’ont
rien à voir avec la rusticité.
10.011,01. Conditions artificielles d’élevage
Les conditions dans lesquelles on conduit l’élevage (fécondation, incubation, alimentation, stabulation) sont toujours plus ou moins différentes des
conditions qui prévalent dans les eaux sauvages. Sélection naturelle mise à
part, il est possible que certaines de ces conditions soient bénéfiques en matière
de rusticité. Il est possible également, et même à prévoir, que certaines
d’entre elles seront plus ou moins néfastes (Schuck, 1948).
10.011,02. Fatigue due au changement d’habitat
Sur le plan physiologique, l’exercice musculaire se traduit par une combustion du glycogène et du glucose des muscles et du foie avec production
d’acide lactique comme produit de déchet (Ritchie, 1928; Mommaerts, 1950;
Dubuisson, 1954). C’est à l’accumulation de cet acide lactique dans les
muscles que correspond la sensation de fatigue.
Comparés aux mammifères, les poissons se fatiguent vite et d’autant plus
vite qu’ils sont caractéristiques d’eaux plus froides : taux d’acide lactique
trois à huit fois plus fort au bout d’un quart d’heure d’exercice (Secondât
et Diaz, 1942 ; Black, 1955). Leur temps de récupération, pour éliminer
l’acide lactique, est par ailleurs beaucoup plus long : 6 à 12 heures pour les
truites kamloops (Black, 1956) contre une heure pour les mammifères
(Johnson et Edwards, 1937). Lorsque les pêcheurs «noient» les poissons
qu’ils ne peuvent amener d’autorité ils ne font pas autre chose que de tirer
parti de cette caractéristique. Ils fatiguent leur poisson souvent à mort,
comme l'on « force » un cerf en chasse à courre. Cette fatigabilité du poisson est telle que la vitesse de nage d’une truite kamloops tombe de
16 à 3,2 kilomètres-heure après 3 minutes seulement de nage continue
(Black, 1955).
Ces connaissances récentes ont permis d’expliquer l’importance des mortalités différées (delayed mortalities) dont le Service des Pêches de l’Orégon
avait entrepris l’étude en 1937. Par définition ces mortalités différées sont
constituées par les pertes survenues dans les quelques jours suivant le déversement (sept jours par convention) et non directement imputables aux prédateurs, puisqu'elles se manifestent de la même façon si, au lieu d’être déversés
en eaux libres, les poissons sont, après manipulations et transports, déversés
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