POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
405
Sous ces réserves, il n’en reste pas moins que dans tous les pays où la
pèche sportive ou commerciale s’est développée de façon intense sur des
espèces à faible résilience, telles que les truites, le repeuplement constitue
l'un des moyens d’action essentiels sur les communautés piscicoles.
10.010,22. Directives sommaires pour les repeuplements
La réussite des repeuplements étant avant tout conditionnée par la rusticité des sujets utilisés, les directives les concernant relèvent du paragraphe
ci-après sur la rusticité.
10.011. Rusticité des sujets de repeuplement
10.011,0. Facteurs de plus ou moins grande rusticité
La rusticité des poissons de repeuplement, autrement dit la somme de
leurs résistances aux diverses adversités du milieu conditionnant leur survie
en eau libre, ne saurait être étudiée et par la suite améliorée, sans que soient
d’abord identifiés les principaux facteurs qui la déterminent et qui peuvent
se classer en trois catégories : (1) la sélection qu’ils ont subie, déterminant leur
rusticité originelle ; (2) les pratiques piscicoles, qui, par leur caractère artificiel, sont susceptibles d’affaiblir cette rusticité originelle de façon plus ou
moins permanente ; (3) enfin la « fatigue » due au transport et au changement
de milieu, fatigue passagère, mais susceptible d’être mortelle, soit directement,
soit indirectement en mettant pendant plusieurs jours les sujets de repeuplement dans un état de moindre résistance vis-à-vis des diverses adversités
qu’ils rencontrent dans un nouveau milieu.
10.011,00. SÉLECTION NATURELLE
Depuis les travaux de Darwin il est admis, de façon générale, que l’ensemble des pertes très lourdes que subissent toutes les espèces dans la
lutte pour la vie leur est au total bénéfique en conduisant à la survivance
du plus apte. Produits de la sélection naturelle, les rares survivants qui ont
résisté aux diverses adversités de leur milieu, sont, par définition, les plus
rustiques.
Intégré dans un système économique où jouent concurrence et prix de
revient, le pisciculteur ne peut subsister qu’en réduisant ses pertes au minimum, c’est-à-dire en élevant ses poissons dans un milieu conditionné de telle
façon que la sélection naturelle n’y joue pratiquement plus. 11 est admis
qu’un bon pisciculteur arrive à produire à partir des œufs embryonnés, 30 à
40 pour cent de truites de trois ans, alors que dans la nature le rendement
n’est que de quelques unités pour cent. Lorsque déversés dans des eaux
sauvages ces poissons d’élevage accusent une survie inferieure à celle de
leurs frères sauvages (10.042,2) il n'y a rien d’anormal. La sélection naturelle
ne fait que reprendre tout ou partie de ce dont elle avait ete frustrée
(Miller, 1954 a; Wales, 1954).
Précédent

- 432/752

Suivant