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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
10.010,12. Directives sommaires pour les acclimatations
Ces quelques exemples montrent que l’introduction d’une espèce nouvelle
dans une communauté ne peut se faire sans entraîner de modifications, parfois
profondes, dans les interactions existant entre les différentes espèces la composant. Ces modifications peuvent être favorables, ou défavorables sur le plan
de l’exploitation de la pêche. Une acclimatation ne devra donc être tentée
que sous réserve de l’avis favorable de biologistes qualifiés.
Nous nous contenterons d’examiner ici rapidement d’une part les raisons
valables pouvant militer en faveur d’une acclimatation, d’autre part les
conditions que doit remplir une espèce nouvelle pour être introduite dans
un nouveau milieu avec quelques chances de réussite.
10.010,120. Raisons valables militant en faveur d'une acclimatation. —
Lorsque la question se pose, de l’opportunité ou de l’inopportunité d’acclimatation d’espèces nouvelles dans un plan d’eau, rien de sérieux ne saurait être
fait sans établissement préalable d’un inventaire des espèces de poissons qui
y figurent (chap. 20). La chaîne alimentaire doit être identifiée (2.1), tout
au moins dans ses grandes lignes, depuis le stock initial de nourriture constitué par la végétation et le phytoplancton jusqu’aux poissons prédateurs au
degré le plus élevé. Les caractéristiques de reproduction des espèces intéressantes, soit directement pour le pêcheur, soit de par leur position capitale
dans la chaîne alimentaire, doivent être mises en évidence.
Cet état signalétique pourra mettre en lumière l’existence de niches inoccupées justifiant des acclimatations intéressantes :
(I) Abondance de plancton et plus particulièrement de phytoplancton et
absence d’espèces planctonophages pour en tirer parti. L’acclimatation d’une
espèce planctonophage, autant que possible directement utilisable par
l’homme, sera à envisager : corégones dans les lacs froids ou tempérés froids,
multiples espèces sub-tropicales dans les eaux chaudes (Schuster, 1952 ;
Hora, 1955). A défaut d’espèce convenable directement utilisable par
l'homme, l’introduction d’une petite espèce planctonophage comme le gizzard
shad américain pourra être envisagé pour servir de proie aux poissons carnassiers ;
(2) Abondance de végétation, émergée ou submergée, et absence d’espèces
herbivores. Envisager l’introduction d’espèces herbivores (Schuster, 1952 ;
Hora, 1955) qui ne sont d’ailleurs réellement répandues que dans les régions
chaudes où la végétation se montre particulièrement envahissante ;
(3) Surabondance d’espèces de poissons devenus sans intérêt et même
nuisibles par suite de leur nanisme. Étudier les possibilités d’introduction
d’une espèce carnivore. En France, l’introduction du blackbass à grande
bouche Micropterus salmoïdes a en général eu raison de la pullulation du
poisson-chat Ameiurus nebulosus et de la perche-soleil Eupomotis gibbosus
dont il est aux États-Unis l’antagoniste naturel. L’erreur avait été d’introduire ces deux dernières sans introduire le premier ;
PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
10.010,12. Directives sommaires pour les acclimatations
Ces quelques exemples montrent que l’introduction d’une espèce nouvelle
dans une communauté ne peut se faire sans entraîner de modifications, parfois
profondes, dans les interactions existant entre les différentes espèces la composant. Ces modifications peuvent être favorables, ou défavorables sur le plan
de l’exploitation de la pêche. Une acclimatation ne devra donc être tentée
que sous réserve de l’avis favorable de biologistes qualifiés.
Nous nous contenterons d’examiner ici rapidement d’une part les raisons
valables pouvant militer en faveur d’une acclimatation, d’autre part les
conditions que doit remplir une espèce nouvelle pour être introduite dans
un nouveau milieu avec quelques chances de réussite.
10.010,120. Raisons valables militant en faveur d'une acclimatation. —
Lorsque la question se pose, de l’opportunité ou de l’inopportunité d’acclimatation d’espèces nouvelles dans un plan d’eau, rien de sérieux ne saurait être
fait sans établissement préalable d’un inventaire des espèces de poissons qui
y figurent (chap. 20). La chaîne alimentaire doit être identifiée (2.1), tout
au moins dans ses grandes lignes, depuis le stock initial de nourriture constitué par la végétation et le phytoplancton jusqu’aux poissons prédateurs au
degré le plus élevé. Les caractéristiques de reproduction des espèces intéressantes, soit directement pour le pêcheur, soit de par leur position capitale
dans la chaîne alimentaire, doivent être mises en évidence.
Cet état signalétique pourra mettre en lumière l’existence de niches inoccupées justifiant des acclimatations intéressantes :
(I) Abondance de plancton et plus particulièrement de phytoplancton et
absence d’espèces planctonophages pour en tirer parti. L’acclimatation d’une
espèce planctonophage, autant que possible directement utilisable par
l’homme, sera à envisager : corégones dans les lacs froids ou tempérés froids,
multiples espèces sub-tropicales dans les eaux chaudes (Schuster, 1952 ;
Hora, 1955). A défaut d’espèce convenable directement utilisable par
l'homme, l’introduction d’une petite espèce planctonophage comme le gizzard
shad américain pourra être envisagé pour servir de proie aux poissons carnassiers ;
(2) Abondance de végétation, émergée ou submergée, et absence d’espèces
herbivores. Envisager l’introduction d’espèces herbivores (Schuster, 1952 ;
Hora, 1955) qui ne sont d’ailleurs réellement répandues que dans les régions
chaudes où la végétation se montre particulièrement envahissante ;
(3) Surabondance d’espèces de poissons devenus sans intérêt et même
nuisibles par suite de leur nanisme. Étudier les possibilités d’introduction
d’une espèce carnivore. En France, l’introduction du blackbass à grande
bouche Micropterus salmoïdes a en général eu raison de la pullulation du
poisson-chat Ameiurus nebulosus et de la perche-soleil Eupomotis gibbosus
dont il est aux États-Unis l’antagoniste naturel. L’erreur avait été d’introduire ces deux dernières sans introduire le premier ;
