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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
(2) Les acclimatations de Cyprinidés, principalement de la carpe commune
Cyprinus carpio originaire de Chine, dans une bonne partie des eaux tempérées chaudes du monde. Le succès obtenu en Europe et Extrême-Orient
toucha à la catastrophe aux États-Unis par suite de pullulation exagérée.
(3) L’acclimatation, un peu partout de par le monde, a l’initiative des
hygiénistes, des petites espèces américaines mangeuses de larves d’anophèles
propagateurs de la malaria Gambusia, Lebistes, Mollienisia^ Aplocheilus.
Succès assez grand en Europe, trop souvent échec par pullulation exagérée
en Extrême-Orient, sans obtenir toujours pour cela un contrôle efficace de
la malaria.
(4) Dernière en date, l’acclimatation un peu partout, en eaux chaudes
ou tempérées chaudes, et particulièrement en Extrême-Orient, des tilapias
africains et surtout du Tilapia mossambica supportant des teneurs de 1 à
50 pour mille de sel.
Les cas de la carpe, des gambusies et des saumons, méritent d’être examinés avec un peu plus de détails :
La carpe commune Cyprinus carpio constitue sans conteste, de par
sa plasticité, l’une des espèces dont l’aire de répartition s’est la plus étendue
par acclimatations successives. Réserve faite du biologiste, quel est le pêcheur
d’Europe ou d’Amérique qui se souvient de l’origine chinoise de ce poisson?
En Europe Centrale, elle est appréciée des consommateurs et constitue
l’espèce de base pour l’exploitation des étangs. En France, sa production en
étang n’a de débouché acceptable que l’exportation en Europe Centrale. Sa
capture est par contre appréciée par certains pêcheurs à cause de sa difficulté.
Bien que nettement sous-alimentés, Arabes et Égyptiens ne la consomment
pas, soit à cause de son goût, soit à cause de ses arêtes. En Afrique du Sud
on lui reproche son goût, ses arêtes, ses faibles qualités sportives et son
habitude de troubler l’eau. Devant les habitudes fouisseuses de ce poisson
et le risque consécutif de destruction des nids de tilapias plus appréciés, le
Congo Belge et d’une façon plus générale les territoires africains de GrandeBretagne, de la Belgique et de la France, s’opposent à l’introduction de la
carpe (de Bont et Hulot, 1950). A l’opposé, le Viêt-Nam introduit des carpes
dans ses étangs à tilapias pour lutter contre la surpopulation en jeunes
tilapias [Le Van Dang (1)].
(1) Communication personnelle, 1957.
Dans le centre de Java, dont la population souffre d’une sous-alimentation
prononcée, la carpe dorée, déjà hautement appréciée dans tout l’ouest de Java,
fut introduite il y a 35 ans et cultivée en étang à l’initiative du Service des
Pèches Continentales. Les résultats furent excellents sur le plan piscicole
mais nuis sur le plan économique et alimentaire, la population du centre de
Java refusant de la consommer. On finit par découvrir que les Javanais du
centre de l’Ile, très puritains, à l’opposé des Javanais de l’Ouest, étaient
convaincus que la lascivité des femmes de l’Ouest était due à la consommation
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