POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
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correspond à l’occupation d’une niche vide sans aucune élimination d'espèce :
introduction des diverses espèces de truites dans les eaux de montagne
d’Extrême-Orient, des aloses Alosa sapidissima dans les rivières de la côte
pacifique américaine (Neave, 1954), des saumons en Nouvelle-Zélande
(Davidson et Hutchinson, 1938; Hunstsman et Dymond, 1940;
Kicker, 1954), des gambusies dans les étangs littoraux du Sud-Ouest de la
France (Chimits, 1947).
(2) Cette acclimatation peut au contraire aboutir à une pullulation génératrice de nanisme, n’être obtenue que par élimination d'une espèce plus
appréciée, et conduire par compétition partielle et prédation à la raréfaction
d’espèces appréciées occupant des niches différentes. Par son ampleur, la
réussite conduit alors plus ou moins à des catastrophes, telles les acclimatations en France des perches-soleil Lepomis gibbosus et des poissons-chats
américains Ameiurus nebulosus ou l’acclimatation en Amérique du Nord de
la carpe commune Cyprinus carpio.
Avant de s’implanter dans un jdan d'eau, les sujets introduits se heurteront aux diverses adversités du milieu, et surtout à la compétition des
concurrents de même profession à déloger. Ils n’ont donc quelques chances
de succès qu’à la condition d’être pourvus d'une forte rusticité (10.01). Si
au contraire une nouvelle espèce est introduite dans une niche vide, elle n'y
trouvera ni compétition interspécifique, ni même pratiquement, au début de
la période de colonisation, de compétition intraspécifique, souvent la plus
importante (Miller, 1958). Une rusticité moyenne pourra alors être suffisante, alors qu’une médiocre pouvait convenir pour le peuplement des eaux
vierges (10.010,00) et qu’une forte rusticité sera nécessaire pour le succès
des repeuplements proprement dits.
Toutes autres conditions égales d'ailleurs, les sujets introduits auront
d’autant plus de chances de faire fortune et de prospérer dans une niche
vacante, c’est-à-dire dans une profession sans titulaire, que celle-ci correspondra plus exactement à leurs capacités professionnelles (Kong, 1952).
10.010,11. Importance et danger des acclimatations
Parmi les très nombreuses acclimatations réalisées un peu partout, depuis
quatre millénaires, nous ne pouvons ici en signaler que quelques-unes choisies
parmi les plus significatives.
Examinées grossièrement à l’échelon de la famille ou de familles apparentées, les acclimatations principales peuvent se scinder en quatre grands
groupes (Schuster, 1952) :
(1) Les acclimatations de Salmonidés originaires de l'Europe ou de
l’Amérique du Nord, dans les mêmes régions, ainsi que dans les eaux froides
des régions montagneuses de contrées plus chaudes : Amérique du Sud,
Afrique, Asie, Australie; acclimatations très souvent réussies et en général
bénéfiques sauf pour les saumons qui n’ont réussi qu'en Nouvelle-Zélande.
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