POPULATIONS A FAVORISER. REPEUPLEMENTS
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par conséquent, l’œuf de notre poisson. C’est ainsi que se dispersent et que
s’étendent les œufs de truites sur les fonds graveleux des ruisseaux. La laitance du mâle se répand en même temps par petits tourbillons sur le sable
et le gravier, composée comme on le sait d'une quantité d'animalcules séminaux dont l’un étant porté d'un côté de l’œuf, l'autre de l'autre, il s'en
rencontre un qui trouve certaine cicatrice de l'œuf, s’y insinue et le féconde.
Après cette opération, le cours et le choc continuel de l'eau conservent les
œufs dans la propreté qui leur est indispensable, et, après environ dix semaines
arrive au jour le petit poisson, plus tôt ou plus tard, selon que la température
soit plus ou moins chaude ou froide. »
Les orages de la Révolution et de T Empire reléguèrent la pisciculture
au dernier rang des préoccupations et firent tomber les travaux do Jacobi
dans la plus complet oubli. Lorsque le calme revint, on eut tout à apprendre
de nouveau, et ce fut à qui en France, en Allemagne et en Angleterre, se
proclamerait inventeur d’une méthode dont on avait simplement perdu le
souvenir. Au surplus, l’attention était ailleurs. En 1840. le baron de Rivière
eut beau, dans un mémoire à la Société Royale et Centrale d'Agriciilture.
insister sur les avantages qu’on pourrait retirer de la culture des anguilles,
il ne réussit pas à éveiller l’intérêt.
C’est alors que se produisit en 1844 un fait d’apparence insignifiante et
qui cependant devait être le point de départ d’une véritable révolution
piscicole. Deux modestes pêcheurs de La Rresse, commune de l'arrondissement de Remiremont, en France, inquiets de voir diminuer le peuplement
de leur ruisseau à truites, avaient fait comme tant d'autres et s’ôtaient
livrés à des expériences, qui avaient réussi, de reproduction artificielle. Ils
avaient pu déverser 50 000 alevins dans la Moselotte et produire environ
1 200 truitelles dans un étang d’élevage.
Le premier de ces pêcheurs, Joseph Rémy, était un simple paysan,
l’autre, Antoine Géhin, un aubergiste. C’est dire qu'ils ne songeaient pas à
divulguer les résultats de leurs essais jusqu'au jour où un inspecteur des
écoles primaires des Vosges, en ayant eu connaissance, les communiqua à la
Société d’émulation des Vosges. Cette honorable assemblée savante félicita
chaudement les pêcheurs qu’elle comprit parmi les bénéficiaires des récompenses qu’elle accordait à l’agriculture et à l'industrie. De son côté l'Adminis
tration des Eaux et Forêts, en la personne de M. Micard, garde général à Remiremont, fit un geste et accorda à Rémy et Géhin l'autorisation de pêcher la
truite en temps de fraye, afin de leur faciliter la poursuite de leurs travaux.
Et le silence retomba sur les Vosges.
Mais, voilà que le 23 octobre 1848, M. de Quatrefages fut amené a lire
à l’Académie des Sciences à Paris un mémoire dont le but était de démontrer
que la fécondation artificielle et la pisciculture étaient capables de faire
disparaître toutes les causes de destruction des œufs de poissons dont on
commençait à se plaindre. Les journaux s’emparèrent de la communication
de l’illustre académicien, autour de laquelle ils menèrent grand bruit. Il n'en
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par conséquent, l’œuf de notre poisson. C’est ainsi que se dispersent et que
s’étendent les œufs de truites sur les fonds graveleux des ruisseaux. La laitance du mâle se répand en même temps par petits tourbillons sur le sable
et le gravier, composée comme on le sait d'une quantité d'animalcules séminaux dont l’un étant porté d'un côté de l’œuf, l'autre de l'autre, il s'en
rencontre un qui trouve certaine cicatrice de l'œuf, s’y insinue et le féconde.
Après cette opération, le cours et le choc continuel de l'eau conservent les
œufs dans la propreté qui leur est indispensable, et, après environ dix semaines
arrive au jour le petit poisson, plus tôt ou plus tard, selon que la température
soit plus ou moins chaude ou froide. »
Les orages de la Révolution et de T Empire reléguèrent la pisciculture
au dernier rang des préoccupations et firent tomber les travaux do Jacobi
dans la plus complet oubli. Lorsque le calme revint, on eut tout à apprendre
de nouveau, et ce fut à qui en France, en Allemagne et en Angleterre, se
proclamerait inventeur d’une méthode dont on avait simplement perdu le
souvenir. Au surplus, l’attention était ailleurs. En 1840. le baron de Rivière
eut beau, dans un mémoire à la Société Royale et Centrale d'Agriciilture.
insister sur les avantages qu’on pourrait retirer de la culture des anguilles,
il ne réussit pas à éveiller l’intérêt.
C’est alors que se produisit en 1844 un fait d’apparence insignifiante et
qui cependant devait être le point de départ d’une véritable révolution
piscicole. Deux modestes pêcheurs de La Rresse, commune de l'arrondissement de Remiremont, en France, inquiets de voir diminuer le peuplement
de leur ruisseau à truites, avaient fait comme tant d'autres et s’ôtaient
livrés à des expériences, qui avaient réussi, de reproduction artificielle. Ils
avaient pu déverser 50 000 alevins dans la Moselotte et produire environ
1 200 truitelles dans un étang d’élevage.
Le premier de ces pêcheurs, Joseph Rémy, était un simple paysan,
l’autre, Antoine Géhin, un aubergiste. C’est dire qu'ils ne songeaient pas à
divulguer les résultats de leurs essais jusqu'au jour où un inspecteur des
écoles primaires des Vosges, en ayant eu connaissance, les communiqua à la
Société d’émulation des Vosges. Cette honorable assemblée savante félicita
chaudement les pêcheurs qu’elle comprit parmi les bénéficiaires des récompenses qu’elle accordait à l’agriculture et à l'industrie. De son côté l'Adminis
tration des Eaux et Forêts, en la personne de M. Micard, garde général à Remiremont, fit un geste et accorda à Rémy et Géhin l'autorisation de pêcher la
truite en temps de fraye, afin de leur faciliter la poursuite de leurs travaux.
Et le silence retomba sur les Vosges.
Mais, voilà que le 23 octobre 1848, M. de Quatrefages fut amené a lire
à l’Académie des Sciences à Paris un mémoire dont le but était de démontrer
que la fécondation artificielle et la pisciculture étaient capables de faire
disparaître toutes les causes de destruction des œufs de poissons dont on
commençait à se plaindre. Les journaux s’emparèrent de la communication
de l’illustre académicien, autour de laquelle ils menèrent grand bruit. Il n'en
