DONNÉES DU PROBLÈME. POSSIBILITÉS
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diable père de famille et pasteur de l’Église anglicane a, durant plus d'un
siècle fait l’union contre lui de tous les bien pensants, des réactionnaires
aux socialistes, les uns le condamnant au nom du décalogue, les autres au
nom de la révolution.
Le fait est que, pendant plus d’un siècle, l’évolution des populations
et des subsistances de l’Europe et de l’Amérique du Nord n’ont apparemment
aucunement confirmé les prédictions de Malthus. Réserve faite «les crises
passagères dues aux guerres, les subsistances semblent avoir cru plus vite
que les populations, amenant par cela même un accroissement du bien-être.
Ce phénomène fut le résultat de causes multiples et en particulier des causes
suivantes :
— Durant tout le xixe siècle, l’Europe importa une proportion importante de ses subsistances des pays neufs et des colonies.
— Durant le xixe siècle, l’Europe, puis l’Amérique du Nord donnèrent
un prodigieux essor à leur équipement agricole, commercial et surtout
industriel qui devança le développement de leur population.
- L’évolution démographique de l’Europe se poursuivit dans le même
temps au rythme raisonnable des nations ayant atteint une certaine maturité et semblant régies plus par une compétition spatiale ou de prestige
que par une compétition alimentaire (5.121,1). Cela, malgré les progrès
de l’hygiène et delà médecine qui permettaient à la natalité réelle de se rapprocher davantage de la natalité potentielle (6.11).
Une ombre commença néanmoins à s’étendre sur cette situation optimiste, lorsque durant les années exceptionnellement sèches de 1930 à 1940,
les céréales furent anéanties dans une bonne partie des grandes plaines
américaines où leur culture avait remplacé la prairie naturelle durant la
première guerre mondiale. Privé de la protection d’un couvert végétal,
le sol arable de ces régions a été emporté par une tornade de vent sec, laissant un désert sur une immensité qui possédait primitivement un humus,
sinon très riche, du moins suflisant. Le Soil Conservation Service fut créé.
En 1939, son chef rendait compte devant le Congrès de Washington que,
dans leur courte vie de 150 ans, les États-Unis avaient déjà perdu 129 millions d’hectares de terres cultivables et que cette perte mortelle se poursuivait à la cadence annuelle de 220 000 hectares.
En 1945, avec l’extension des statistiques au monde entier, et l'admission de bon nombre de pays sous-développés aux Nations Unies, la situation change du tout au tout et s’annonce pire que ne l’avait prévue Malthus
(Osborn, 1948 ; Vogt, 1948 ; Guerrin, 1957 ; Bouthoul, 1958).
Des recherches et inventions de la vieille Europe et «le l’Amérique «lu
Nord, ce sont avant tout celles concernant l’hygiène et la médecine qui ont
le plus marqué les pays sous-développés; recul de la mortalité infantile,
recul des maladies neutralisant la fécondité, augmentation de l'âge moyen
de la vie. Agissant sur des populations nullement parvenues à un stade «l’équilibre sous la dépendance d’une compétition spatiale ou de prestige, ces pro
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diable père de famille et pasteur de l’Église anglicane a, durant plus d'un
siècle fait l’union contre lui de tous les bien pensants, des réactionnaires
aux socialistes, les uns le condamnant au nom du décalogue, les autres au
nom de la révolution.
Le fait est que, pendant plus d’un siècle, l’évolution des populations
et des subsistances de l’Europe et de l’Amérique du Nord n’ont apparemment
aucunement confirmé les prédictions de Malthus. Réserve faite «les crises
passagères dues aux guerres, les subsistances semblent avoir cru plus vite
que les populations, amenant par cela même un accroissement du bien-être.
Ce phénomène fut le résultat de causes multiples et en particulier des causes
suivantes :
— Durant tout le xixe siècle, l’Europe importa une proportion importante de ses subsistances des pays neufs et des colonies.
— Durant le xixe siècle, l’Europe, puis l’Amérique du Nord donnèrent
un prodigieux essor à leur équipement agricole, commercial et surtout
industriel qui devança le développement de leur population.
- L’évolution démographique de l’Europe se poursuivit dans le même
temps au rythme raisonnable des nations ayant atteint une certaine maturité et semblant régies plus par une compétition spatiale ou de prestige
que par une compétition alimentaire (5.121,1). Cela, malgré les progrès
de l’hygiène et delà médecine qui permettaient à la natalité réelle de se rapprocher davantage de la natalité potentielle (6.11).
Une ombre commença néanmoins à s’étendre sur cette situation optimiste, lorsque durant les années exceptionnellement sèches de 1930 à 1940,
les céréales furent anéanties dans une bonne partie des grandes plaines
américaines où leur culture avait remplacé la prairie naturelle durant la
première guerre mondiale. Privé de la protection d’un couvert végétal,
le sol arable de ces régions a été emporté par une tornade de vent sec, laissant un désert sur une immensité qui possédait primitivement un humus,
sinon très riche, du moins suflisant. Le Soil Conservation Service fut créé.
En 1939, son chef rendait compte devant le Congrès de Washington que,
dans leur courte vie de 150 ans, les États-Unis avaient déjà perdu 129 millions d’hectares de terres cultivables et que cette perte mortelle se poursuivait à la cadence annuelle de 220 000 hectares.
En 1945, avec l’extension des statistiques au monde entier, et l'admission de bon nombre de pays sous-développés aux Nations Unies, la situation change du tout au tout et s’annonce pire que ne l’avait prévue Malthus
(Osborn, 1948 ; Vogt, 1948 ; Guerrin, 1957 ; Bouthoul, 1958).
Des recherches et inventions de la vieille Europe et «le l’Amérique «lu
Nord, ce sont avant tout celles concernant l’hygiène et la médecine qui ont
le plus marqué les pays sous-développés; recul de la mortalité infantile,
recul des maladies neutralisant la fécondité, augmentation de l'âge moyen
de la vie. Agissant sur des populations nullement parvenues à un stade «l’équilibre sous la dépendance d’une compétition spatiale ou de prestige, ces pro
