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PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
9.60. Fertilisation
La pisciculture d’étang est déjà fort ancienne. Nees (1949) nous a précisé qu’un volume y était consacré dans un traité d’agriculture du mandarin
Fanli, ministre de l’état de Yu (Province du Chehkiang), quelque 500 ans
avant Jésus-Christ. L’épandage d’engrais (fumier) ne semble pas, par contre,
avoir été relaté avant J.G. Léopold en 1750.
Deux siècles de pratique en Asie, en Europe, puis en Amérique, nous ont
évidemment apporté quelques conclusions : nous savons qu’en étangs peu
profonds, et sur sols pauvres, surtout en chaux, l’épandage d’engrais phosphatés, et surtout de chaux, est en général bénéfique, tout au moins les
premiers temps (Demoll, 1925; Schaeperclaus, 1933). Mais dès qu’il s’agit
de passer à des lacs plus ou moins profonds, et a jortiori à des eaux courantes,
les résultats deviennent discordants.
Ces discordances s’expliquent facilement par la complexité des phénomènes d’échanges de ces sels entre l’eau où ils existent en dissolution et le
fond des lacs et étangs où ils sont fixés, soit par réactions chimiques, soit
par adsorption (5.42).
De plus, il faut bien le dire, la plupart des conclusions de ces deux derniers
siècles ont été tirées un peu hâtivement d’observations ou d’expériences un
peu simplistes et sans témoins valables. A l’heure actuelle, les chercheurs
qui s’engagent dans cette voie s’efforcent de disposer au minimum d’une
bonne douzaine d’étangs ou de petits lacs les plus identiques possibles
(fig. 13.8). Leur production est d’abord étudiée soigneusement pendant
cinq ou six ans. Puis, la moitié d’entre eux reçoit un apport d’engrais identique, l’autre moitié restant comme témoin. Aucune autre différence ne doit
intervenir dans le traitement. La production est alors étudiée à nouveau,
pendant cinq ou six ans, puis les résultats comparés avec ceux des cinq à
six années avant le traitement. Les différences de rendement entre les deux
groupes, puis entre étangs ou lacs d’un même groupe, sont alors passées au
crible du calcul des probabilités, pour voir si les différences enregistrées sont,
de par leurs fluctuations probables, à imputer au facteur que l’on a fait intervenir : l’engrais, ou à d’autres facteurs inconnus, qui sont intervenus sans la
permission de l’expérimentateur. Telles étant les conditions d’une expérience
rationnelle, on conçoit que les conclusions des observateurs de ces deux derniers siècles puissent souvent prêter à discussion.
Si l’épandage d’engrais se justifie bien souvent pour des étangs, collections
d’eau peu profondes, l’extension de cette pratique aux lacs, voire aux rivières
ou à des bras de mer, se heurte à quelques inconvénients qu’il y a lieu de
rappeler, avant de passer à l’étude des conditions dont relève la réussite
technique de l’opération. Souvent financièrement rentable en étang, la fertilisation des collections d’eau profondes ou en mouvement le devient beaucoup
moins. Wiebe (1948) a ainsi chiffré l’opération à 28 dollars par hectare pour
PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
9.60. Fertilisation
La pisciculture d’étang est déjà fort ancienne. Nees (1949) nous a précisé qu’un volume y était consacré dans un traité d’agriculture du mandarin
Fanli, ministre de l’état de Yu (Province du Chehkiang), quelque 500 ans
avant Jésus-Christ. L’épandage d’engrais (fumier) ne semble pas, par contre,
avoir été relaté avant J.G. Léopold en 1750.
Deux siècles de pratique en Asie, en Europe, puis en Amérique, nous ont
évidemment apporté quelques conclusions : nous savons qu’en étangs peu
profonds, et sur sols pauvres, surtout en chaux, l’épandage d’engrais phosphatés, et surtout de chaux, est en général bénéfique, tout au moins les
premiers temps (Demoll, 1925; Schaeperclaus, 1933). Mais dès qu’il s’agit
de passer à des lacs plus ou moins profonds, et a jortiori à des eaux courantes,
les résultats deviennent discordants.
Ces discordances s’expliquent facilement par la complexité des phénomènes d’échanges de ces sels entre l’eau où ils existent en dissolution et le
fond des lacs et étangs où ils sont fixés, soit par réactions chimiques, soit
par adsorption (5.42).
De plus, il faut bien le dire, la plupart des conclusions de ces deux derniers
siècles ont été tirées un peu hâtivement d’observations ou d’expériences un
peu simplistes et sans témoins valables. A l’heure actuelle, les chercheurs
qui s’engagent dans cette voie s’efforcent de disposer au minimum d’une
bonne douzaine d’étangs ou de petits lacs les plus identiques possibles
(fig. 13.8). Leur production est d’abord étudiée soigneusement pendant
cinq ou six ans. Puis, la moitié d’entre eux reçoit un apport d’engrais identique, l’autre moitié restant comme témoin. Aucune autre différence ne doit
intervenir dans le traitement. La production est alors étudiée à nouveau,
pendant cinq ou six ans, puis les résultats comparés avec ceux des cinq à
six années avant le traitement. Les différences de rendement entre les deux
groupes, puis entre étangs ou lacs d’un même groupe, sont alors passées au
crible du calcul des probabilités, pour voir si les différences enregistrées sont,
de par leurs fluctuations probables, à imputer au facteur que l’on a fait intervenir : l’engrais, ou à d’autres facteurs inconnus, qui sont intervenus sans la
permission de l’expérimentateur. Telles étant les conditions d’une expérience
rationnelle, on conçoit que les conclusions des observateurs de ces deux derniers siècles puissent souvent prêter à discussion.
Si l’épandage d’engrais se justifie bien souvent pour des étangs, collections
d’eau peu profondes, l’extension de cette pratique aux lacs, voire aux rivières
ou à des bras de mer, se heurte à quelques inconvénients qu’il y a lieu de
rappeler, avant de passer à l’étude des conditions dont relève la réussite
technique de l’opération. Souvent financièrement rentable en étang, la fertilisation des collections d’eau profondes ou en mouvement le devient beaucoup
moins. Wiebe (1948) a ainsi chiffré l’opération à 28 dollars par hectare pour
