336
pèches oontinentai.es. principes d’aménagement
mum n’est en général pas énorme ; (2) les valeurs convenables de ce voltage
varient avec les espèces de poissons, leur épaisseur et leur longueur. Même
sur une seule espèce, une grille électrique ne peut donc agir à la fois sur
toutes les classes d’âge ; (3) la résistivité de l’eau varie en fonction de la température, de la teneur en sels dissous et en substances en suspension. Elle est
donc particulièrement instable.
Effectives lorsqu'il s’agit de bloquer une migration ascendante de lamproies
(Applegate et al., 1952), sur laquelle d’ailleurs les accidents seraient sans
importance, les grilles électriques le sont souvent encore, lorsqu’il s’agit de
maintenir une migration ascendante de saumon dans le fleuve principal,
en le détournant d’un petit affluent. Jusqu’à présent ces grilles se sont par
contre montrées en général impuissantes à canaliser une migration descendante de jeunes saumons, dans laquelle le poisson est entraîné par son instinct
et par le courant.
Abandonnant les grilles électriques «barrières», à courant alternatif, arrivera-t-on à de meilleurs résultats avec des «grilles guides» à courant continu,
ou plus exactement à courant direct avec pulsations ? Le poissonest en effet,
à chaque pulsation, attiré vers le pôle positif. A supposer que l’on parvienne
à surmonter les difficultés énumérées plus haut, on pourrait alors conduire
le poisson vers telle sortie de notre choix par une « grille guide » dont les
électrodes, constituant le pôle positif, « s’allumeraient » les unes après les
autres, à la manière des ampoules électriques des journaux lumineux
(McLain et Nielsen, 1953).
Devant les difficultés rencontrées dans l’emploi des grilles électriques,
la question s’est posée de savoir s’il était possible de stopper ou de conduire
le poisson par la lumière, le son, ou des voiles de bulles d’air. Quelques résultats
ont déjà été obtenus ; Bramsnaes et al. (1945) enregistrent un succès du
voile d’air sur le brochet et la carpe, mais un échec sur la truite. Brett et
MacKinnon (1952) canalisent assez bien, de nuit, une migration descendante
de saumon chinook, par l’emploi d’un voile d’air éclairé par des projecteurs
électriques. Field (1957) obtient quelques succès, avec des éclats lumineux,
ainsi qu’avec des éclairages de coloration et d’intensité différentes. Encore
insullisantes, ces intéressantes expériences méritent d’être poursuivies et
étendues à d’autres espèces.
9.32. Sauvetage
Combien de tonnes de nos meilleurs poissons d’eau douce se perdent
chaque année par assèchement partiel ou total de certains secteurs de nos
rivières? La plupart du temps, on ne pense guère qu’au repeuplement pour
compenser ce dommage. Nous savons maintenant que, principalement pour
les salmonidés, il ne faut pas demander au repeuplement plus qu’il ne peut
donner (10.04). Il importe donc de savoir s'il n’est pas préférable, là où cela
est possible, d’engager quelques frais dans des opérations de sauvetage de
poissons sauvages.
Précédent

- 363/752

Suivant