ENVIRONNEMENT. CIRCULATION
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Connaissant la longueur (Z), donnant par exemple 90 chances pour cent à
un poisson de traverser sans être cisaillé une turbine de caractéristiques
données, on passe facilement, suivant les espèces de poissons en cause, à
leur largeur correspondante, et à l écartement des barreaux de grille nécessaire pour prévenir le passage des poissons ayant une taille supérieure. Il
reste à attendre encore qu’un nombre suffisant d’expériences, malheureusement difficiles et onéreuses à exécuter, viennent confirmer l'exactitude de
la formule théorique de Kreitmann. Pratiquement, on considère que les
turbines modernes, type Kaplan, sont moins dangereuses que les anciennes
turbines, type Francis, et ne demandent pas en conséquence des écartements
de barreaux de grille aussi faibles. Cet avantage des turbines Kaplan reste
cependant discutable dans certains cas particuliers (Otterstrom, 1945).
Réserve faite du risque de cisaillement par les aubes des turbines, les pois
sons peuvent-ils supporter sans dommage les variations de pression que leur
impose le passage dans les turbines, principalement la décompression brutale
qui se produit à la sortie? Si l’on s’en tient aux travaux de Regnard, puis
de Kreitmann (1930), on constate que les poissons peuvent subir sans danger
des détentes brusques de 20 atmosphères, en présence d’air, ce qui semblerait
les mettre à l’abri de tout incident à la sortie de turbines utilisant des chutes
atteignant 200 mètres. Mais il ne s’agit là que d’expériences de laboratoire.
Les poissons étaient pour cela placés dans un tube à peu près rempli d'eau
et dans lequel on pouvait faire varier la pression, conditions qui ne reproduisent pas celles existant dans une turbine en mouvement, où l’eau et l'air
sont soumis à une énorme turbulence. Des études récentes semblent bien
prouver au contraire que le poisson ne supporte pas toujours sans dommage
les décompressions brutales qui se produisent à la sortie des turbines.
Pratiquement, les expériences de marquage ont montré que, pour le
barrage de Bonneville sur le Columbia (Oregon, U.S.), haut d’une vingtaine
de mètres, le pourcentage de remontée des saumons adultes était de 15 pour
cent plus faible pour les smolts marqués et libérés à l’amont des turbines,
que pour les smolts marqués et libérés à l’aval. Cette mortalité de 15 pour
cent provient, en principe, du passage dans d’énormes turbines Kaplan,
fonctionnant sous une chute modérée, et pour lesquelles les risques dus au
cisaillement ou à la décompression brutale étaient considérés ces dernières
années comme très faibles. Acceptable isolément, une perte de l’ordre de
15 pour cent peut néanmoins compromettre l’existence d'un stock de saumons, si elle doit se répéter souvent sur une rivière équipée de toute une série
d’usines. Dans ce cas, le franchissement des barrages, en migration descendante, devient l’un des problèmes les plus importants de l'aménagement des
cours d’eau à migrateurs, problème que l’on avait eu tendance à considérer
comme plus ou moins résolu jusqu’à ce jour.
Pour qu’une grille soit efficace, qu’elle soit fixe ou mobile, il ne suffit pas
que l’écartement des barreaux soit judicieusement choisi. Il faut en outre
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