ENVIRONNEMENT. BASSINS VERSANTS
293
obtenus sont plus utiles qu’une indication unique, valable pour une seule
espèce, fut-elle située entre ces extrêmes. Le choix du poisson rouge Carassius
auratus, comme représentant les espèces les plus résistantes et de la daphnie
Daphnia magna comme représentant les espèces les plus sensibles semble
heureux, vu l’extrême extension géographique de ces deux espèces par
ailleurs facilement élevées en captivité, bien que la résistance du poisson
rouge soit jugée excessive par certains. Aux notions de dose minimum mortelle ou de dilution limite, on substitue par contre souvent aux Étals-t nis
celle de tolérance moyenne, correspondant à la concentration de produits
toxiques à laquelle 50 pour cent des poissons en expérience survivent au
bout de 24 heures (Hart et al.. 1945 ; Dovdoroff et al.. 1951. 1953).
Aux difficultés provenant de ce défaut d'unification dans les tests ou
barèmes de toxicologie des poissons s’en ajoutent d’autres : variation de la
composition chimique des eaux résiduaires, irrégularité de leurs déversements,
variation de la composition chimique des pièces à conviction constituées par
des échantillons, etc. On voit par là comme il faut se montrer prudent, et
quelle expérience il faut avoir pour interpréter les résultats chimiques d'une
analyse d’eau résiduaire. Nombreux sont les chimistes qui savent exécuter
impeccablement une analyse d’eau souillée, mais rares sont ceux qui savent
commenter, avec exactitude, les résultats de cette analyse et en tirer de
judicieuses conclusions. De son côté, Henderson (1949) a montre que les
analyses chimiques, physiques, ou bactériologiques pouvaient conclure à
l’inexistence de pollution, alors qu’en réalité celle-ci avait vidé la rivière de
tout poisson (9.032,1).
Est-ce à dire qu’une analyse chimique soit sans valeur en matière de pollution? Non assurément, car, même si elle est souvent incapable de déceler
ou de mesurer l’importance d’une pollution, elle seule sera capable d’identifier
les substances susceptibles d’avoir provoqué la pollution. Elle seule sera donc
capable d’indiquer les points sur lesquels le contrôle des pollutions devra
faire porter ses efforts.
En matière de pollution par résidus radioactifs, les méthodes classiques
de détection et d’analyse physico-chimiques sont dépassées. Elles doivent
céder le pas à des méthodes spéciales avec échantillonnage continu et automatique (Tsivoglou, Harward et Ingram, 1958).
9.031. Détection et diagnostics physiques
On parle peu de détection ou d’analyse physique de l'eau, en matière de
pollution chimique. Le fait est que les renseignements pris sur la température
de l’eau, ou sa profondeur, ne servent guère, en général, qu’à l'interprétation
des résultats de l’analyse chimique. On oublie trop souvent qu'une donnée
d’ensemble sur la quantité totale de sels ionisables dissous peut être obtenue
facilement et rapidement, par une simple mesure de conductibilité électrique
de l’eau, exprimée en mhos X 10-«. à une température déterminée (souvent
Précédent

- 320/752

Suivant