ENVIRONNEMENT. BASSINS VERSANTS
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volatiles : mazout, chlore, éther, chloroforme, méthyl, mercaptan, formaldéhyde, etc. Ces poisons peuvent provoquer des coagulations du sang dans
les vaisseaux, l’éclatement ou la contraction de ces derniers. Beaucoup agissent
sur le système nerveux, provoquant, avant la mort, soit une excitation
anormale, soit une apathie plus ou moins marquée.
9.023. Action interne par absorption au travers de la muqueuse
intestinale
Utilisant des colloïdes colorés, Elus (1937) a constaté que, placés dans
des aquariums remplis d’eau contenant des substances nocives, des poissons,
48 heures après, n’en avaient pas encore avalé. Ce résultat confirme les
observations de Smith (1932) sur la régulation du milieu intérieur des poissons.
Toutefois, après un séjour de plus de 48 heures, les sujets d’expérience avaient
avalé une légère quantité d’eau. Ces observations montrent : soit que l'absorption d’eau par les branchies n’est pas toujours intégralement suffisante, dans
les conditions naturelles, aux besoins des poissons, soit que cette absorption d’eau, inutile dans les conditions naturelles, devient nécessaire lorsque
du fait d’un colmatage partiel des branchies, la perméabilité de celles-ci ne
suffit plus à assurer la régulation de leur milieu sanguin. Ces observations
montrent, qu’en cas de pollution chronique, les substances toxiques de
toutes natures peuvent avoir un faible accès, par la voie digestive, à tous
les organes du poisson. C’est par là que des poisons à effets cumulatifs,
comme l’arsenic, peuvent à la longue exercer des ravages, même à des concentrations paraissant complètement inoffensives.
9.024. Diagnostic sur les poissons morts ou mourants
En cas de pollution, les pécheurs, et même quelques techniciens, pensent
trop souvent qu’il suffit d’envoyer quelques poissons morts ou mourants
à un laboratoire pour avoir la clef de l’énigme. A supposer que ces poissons
arrivent au laboratoire dans un état de conservation permettant un examen,
l’exposé précédent nous montre que, dans la majorité des cas, nous aurons
affaire à des pollutions à action externe, sans absorption de produits toxiques
permettant une analyse.
Même en cas d’absorption, les doses de produits toxiques en cause sont
souvent si faibles que leur détection relève presque de la microchimie. Seul,
dans certains cas, un diagnostic assez vague pourra être posé : naphtaline, chlore... décelés par leur odeur sur du poisson encore frais ; nature
acide des produits toxiques, décelée par le bleuissement du mucus ; nature
caustique par des hémorragies sur les branchies ; asphyxie, la bouche, les
opercules et les branchies étant largement écartées. Un diagnostic précis ne
peut être apporté que par l’étude du milieu contaminé (Elus, Westfall
et Ellis, 1946).
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