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PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES ü’AMÉNAGEMENT
Les poissons d’eau douce, ainsi qu’en mer les raies et les requins, ont au
contraire un milieu sanguin beaucoup plus chargé en sels que l’eau dans
laquelle ils vivent. Au travers de la membrane semi-perméable de leurs
branchies, c’est l’eau du milieu ambiant qui constamment passe dans leur
milieu intérieur. L’importance de leur excrétion urinaire journalière est
en conséquence énorme : 100 à 150 centimètres cubes par kilogramme de
poisson, ce qui correspondrait à 7 à 10 litres pour un homme de 70 kilogrammes. Normalement ces poissons ne boivent que peu (Ellis, 1937) ou pas
(Smith, 1932 ; Curtis, 1949), ils n’en n’ont pas besoin.
Pour les poissons amphibiotiques, comme les saumons ou les anguilles,
le passage d’un milieu à un autre implique le changement total de tout le
processus de régulation du milieu interne.
Ce rappel d’un point de physiologie nous explique que, contrairement
à toute attente, les toxiques n’ont d’action sur les poissons d’eau douce, par
la voie digestive, que d’une façon accessoire (détails, voir Black, 1957).
9.021. Action externe
De très nombreuses substances provoquent d’abondantes sécrétions de
mucus sur la peau. Avec les alcalis, le mucus conserve en général sa consistance et sa transparence. Avec les acides, le mucus se coagule et prend une
teinte bleue, comme dans la préparation des poissons « au bleu ». Il se détache
ensuite par plaques, ce qui met la peau à nu, l’expose à l’action directe des
acides, puis à celle de Saprolégniés, si la précédente n’est pas mortelle.
Certaines substances provoquent une coagulation directement sur les branchies, avec pour résultats une asphyxie du poisson (Westfall, 1945).
Outre quantité de substances chimiques, les fines particules solides en suspension dans l’eau (vase, poussières de laveries de minerai, etc.) provoquent
également une sécrétion de mucus de la part des branchies. Si ces conditions
défavorables ne sont que passagères, cette réaction de défense peut sauver
le poisson (Pyefinch, 1953), les branchies se débarrassent de cet enrobement
de vase agglomérée par le mucus qui se désagrège (Stuart, 1953). Si ces
conditions adverses persistent, le poisson meurt d’asphyxie, ayant ses branchies complètement colmatées. Au total, les organismes aquatiques peuvent
supporter, de façon temporaire, des turbidités relativement élevées (5.351 —
Griffin, 1938 ; Wallen, 1951).
9.022. Action interne par absorption, au travers des branchies,
de la muqueuse buccale et de la peau
Heureusement pour les pêcheurs, les structures externes de nos poissons
osseux d’eau douce sont peu perméables aux multiples substances dissoutes
susceptibles de leur nuire (Bond, 1933 ; Ellis, 1937). Complètement imperméables pour la majorité d'entre elles, elles laissent passer très lentement
certains composés arsenicaux, et plus rapidement, hélas, quelques substances
PÈCHES CONTINENTALES. PRINCIPES ü’AMÉNAGEMENT
Les poissons d’eau douce, ainsi qu’en mer les raies et les requins, ont au
contraire un milieu sanguin beaucoup plus chargé en sels que l’eau dans
laquelle ils vivent. Au travers de la membrane semi-perméable de leurs
branchies, c’est l’eau du milieu ambiant qui constamment passe dans leur
milieu intérieur. L’importance de leur excrétion urinaire journalière est
en conséquence énorme : 100 à 150 centimètres cubes par kilogramme de
poisson, ce qui correspondrait à 7 à 10 litres pour un homme de 70 kilogrammes. Normalement ces poissons ne boivent que peu (Ellis, 1937) ou pas
(Smith, 1932 ; Curtis, 1949), ils n’en n’ont pas besoin.
Pour les poissons amphibiotiques, comme les saumons ou les anguilles,
le passage d’un milieu à un autre implique le changement total de tout le
processus de régulation du milieu interne.
Ce rappel d’un point de physiologie nous explique que, contrairement
à toute attente, les toxiques n’ont d’action sur les poissons d’eau douce, par
la voie digestive, que d’une façon accessoire (détails, voir Black, 1957).
9.021. Action externe
De très nombreuses substances provoquent d’abondantes sécrétions de
mucus sur la peau. Avec les alcalis, le mucus conserve en général sa consistance et sa transparence. Avec les acides, le mucus se coagule et prend une
teinte bleue, comme dans la préparation des poissons « au bleu ». Il se détache
ensuite par plaques, ce qui met la peau à nu, l’expose à l’action directe des
acides, puis à celle de Saprolégniés, si la précédente n’est pas mortelle.
Certaines substances provoquent une coagulation directement sur les branchies, avec pour résultats une asphyxie du poisson (Westfall, 1945).
Outre quantité de substances chimiques, les fines particules solides en suspension dans l’eau (vase, poussières de laveries de minerai, etc.) provoquent
également une sécrétion de mucus de la part des branchies. Si ces conditions
défavorables ne sont que passagères, cette réaction de défense peut sauver
le poisson (Pyefinch, 1953), les branchies se débarrassent de cet enrobement
de vase agglomérée par le mucus qui se désagrège (Stuart, 1953). Si ces
conditions adverses persistent, le poisson meurt d’asphyxie, ayant ses branchies complètement colmatées. Au total, les organismes aquatiques peuvent
supporter, de façon temporaire, des turbidités relativement élevées (5.351 —
Griffin, 1938 ; Wallen, 1951).
9.022. Action interne par absorption, au travers des branchies,
de la muqueuse buccale et de la peau
Heureusement pour les pêcheurs, les structures externes de nos poissons
osseux d’eau douce sont peu perméables aux multiples substances dissoutes
susceptibles de leur nuire (Bond, 1933 ; Ellis, 1937). Complètement imperméables pour la majorité d'entre elles, elles laissent passer très lentement
certains composés arsenicaux, et plus rapidement, hélas, quelques substances
