288
PÊCHES CONTINENTALES. PRINCIPES DÉMÉNAGEMENT
réalisées sur les pêches continentales. Le bon fonctionnement de ces divers
cycles suppose que chaque maillon soit à même d’absorber et de transformer
les produits du maillon précédent. C’est le cas le plus général, semble-t-il,
en dehors des périodes de perturbations, qu’elles soient le fait de cataclysmes
géologiques ou le fait de l’homme.
Si un maillon de tel ou tel cycle s’emballe, produisant plus de déchets
que le maillon suivant ne peut absorber et transformer, il y a embouteillage, avec ses conséquences : chute des productions et amoncellement de
produits de déchet. Provenant d’une érosion foncière accélérée, ces produits
de déchet provoquent une pollution mécanique des rivières et des lacs,
par ensablement et envasement. Provenant de ce que nous pouvons considérer comme une érosion urbaine et industrielle accélérée, ces produits
de déchet provoquent les pollutions chimiques aux formes les plus variées.
Dans des domaines différents, pollutions et érosions correspondent à un
embouteillage de la circulation dans les cycles biogéochimiques.
Une eau doit être considérée comme polluée, au point de vue piscicole,
lorsque, de par sa teneur anormalement élevée en substances en solution
ou en matières en suspension, ses conditions naturelles sont modifiées de
telle sorte que l’existence des poissons présents, ou qui devraient normalement s’y trouver, est plus ou moins menacée, soit temporairement, soit
de façon permanente (Wundsch, 1926 ; Doudoroff, 1957). Une eau est
encore considérée comme polluée si l’alimentation normale et la reproduction des poissons sont entravées, ou bien encore si on ne peut plus s’y livrer
normalement à l’exercice de la pêche. Il y a pollution, non seulement lorsque
l’apport naturel ou artificiel de produits nocifs provoque la mort de poissons,
mais encore lorsqu’il amène des modifications de la faune et de la flore aquatiques susceptibles d’avoir une répercussion défavorable sur la vie des poissons. Il ne s’agit pas alors de destruction spectaculaire de poissons, mais de
« pollutions larvées », souvent les plus nuisibles. On considère encore comme
polluées, les eaux dont les conditions sont modifiées de telle sorte que les
poissons sensibles qui l’habitaient sont remplacés par des poissons plus
résistants. Polluées encore sont les eaux contenant des substances, telles les
phénols, susceptibles de donner très mauvais goût au poisson, bien en deçà
des concentrations dangereuses.
9.00. Classification piscicole des pollutions
Avec Wundsch (1926), et Huet (1949), nous classerons les pollutions
en deux grands groupes :
(1) Les pollutions chimiques, provoquées par des matières en solution
dans l’eau. Celles-ci peuvent être : soit des substances putrescibles (pollutions
organiques), soit des substances non putrescibles (pollutions inorganiques),
substances trop acides ou trop alcalines, ou substances à action nocive spécifique comme les poisons.
Précédent

- 315/752

Suivant