SUCCESSIONS ÉCOLOGIQUES. ÉROSION ACCÉLÉRÉE
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tonnes d’excellent sol américain, depuis que nous avons dévasté les forêts et,
par nos labours, les prairies où l’herbe antérieurement retenait l’eau.
« Dans l’Iowa, le plus riche de nos États agricoles, tout le Sud-Ouest,
autrefois si fertile, est en passe de devenir un désert... »
Siegfried (1949) brosse ainsi le tableau des terribles eiïets du vent sur
les terres américaines mal cultivées :
« Pendant un certain temps, tout a très bien marché. Mais à partir de la
première guerre mondiale, le cultivateur a été soumis à des tentations exceptionnelles. Vous savez qu’en 1914, alors que l’Europe avait besoin de blé et
n’en produisait plus, les prix du blé ont monté en flèche.
« On a été amené, aux État-Unis, à faire du blé partout, parce que partout
où l’on faisait du blé, les rendements étaient immédiats et les résultats financiers magnifiques.
«On a ainsi ensemencé en blé des terres qui ne comportaient pas cette
culture. On a fait du blé trop à l’Ouest dans des régions où la terre n’était
pas suffisamment épaisse, et surtout dans des régions où la chute des pluies
n’était pas suffisamment régulière. Les vieux Indiens et les missionnaires
avaient reconnu le péril, et il paraît que de vieux Indiens, en voyant que l’on
transformait des terres de bétail ou de moutons en terre de culture disaient :
« Non, non, ne faites pas cela, c’est dangereux. »
« Naturellement on ne les a pas écoutés et l’on sait ce qui s’est passé entre
1930 et 1940, dans cette période de sécheresse extraordinaire où, la moisson
ayant manqué, il n’y avait plus ni moisson, ni herbe. Puis, un orage de vent
sec est arrivé qui a emporté l’humus. J’ai pu voir beaucoup de régions où
autrefois, il y avait un humus sinon très riche, du moins suffisant et où on
ne trouve plus qu’une sorte de désert de sable, une sorte de Sahara.
Dans l’Utah, sur la rive Est du Grand Lac Salé se trouve deux des premières cités des Mormons: les villages de Farmington et de Centerville, tous
deux arrosés par de petites rivières descendant des monts Wasatch. Le
13 août 1923, à la suite d’orages, la rivière de Farmington eut une crue terrible, six personnes furent noyées, des maisons emportées, les récoltes et du
bétail perdus, les routes et les chemins de fer bloqués. Le sol des meilleures
fermes était enseveli sous deux mètres de dépôts et débris divers. La même
catastrophe se produisit à nouveau en 1930, après une pluie qui ne dépassait
cependant pas 50 millimètres. Les dégâts de ces deux crues dépassaient le
million de dollars. Pendant ce temps la prospérité régnait toujours à Centerville, où, sous les mêmes chutes de pluie, la rivière était à peine troublée. Les
experts n’eurent pas à rechercher une explication compliquée : Centerville
avait exploité ses pâturages en «bon père de famille», Farmington avait
surchargé les siens.
En 1939, le Chef du Soil Conservation Service a pu dire devant le Congrès
de Washington que dans la courte vie de 150 ans îles U.S.A., 129 millions
d’hectares de terres cultivables et de pâturages avaient été sacrifiés, que
Vibeht et Lagler. — PMies ronlinmtales.
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