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PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
l’érosion était en train de ruiner 349 autres millions d’hectares de pâturages
et de forêts et que cette perte mortelle de substance se poursuivait à la cadence
de 600 hectares par jour (dont 120 de terres cultivées), soit 220 000 hectares
chaque année au total.
En Amérique le problème de l’érosion des sols a surtout fait parler de lui
aux États-Unis. Un vaste mouvement de restauration y a pris naissance ces
dernières années. Il existe cependant de la même façon un peu partout :
Mexique, Colombie, Chili, République Argentine...
En Afrique, le même problème de l’érosion s’aggrave encore du fait de
la latérisation, maladie des sols qui ne pardonne pas. Les sols africains,
les plus pauvres et les plus fragiles du monde, sont souvent formés de 10 à
50 pour cent d’hydrate d’aluminium (terrains latéritiques). Une fois déboisés,
sous l’influence de la pluie et du soleil, ils sont vite transformés, en latérite,
véritable brique improductive, avec 90 pour cent d’hydrate d’aluminium.
Qu’il s’agisse du Congo, de l’Afrique Occidentale, de l’Afrique du Sud, la
stérilisation des terres se poursuit à une allure terrifiante. A Madagascar
90 pour cent des terres seraient déjà devenues inutilisables.
Boudy (1951) nous rappelle que l’économiste Vogt (1948), qui reconnaît
la sagesse des procédés de culture de l’Europe Occidentale, est particulièrement sévère vis-à-vis de l’Amérique et surtout du Continent Noir qu’il
appelle la Terre qui meurt : « C’est ici le premier continent qui après l’Asie
a eu à supporter le fardeau de la civilisation, se traduisant par une déshydratation progressive... L’histoire de l’Afrique est, depuis son intégration dans
le monde européen, conduite par une force interne inexorable : sur un milieu
défavorable, d’une basse capacité nourricière, on a imposé une dégénérescence progressive à la végétation naturelle et abouti, d’une part à une perte
de la majeure partie de l’eau et d’autre part à une érosion intense».
L’Australie n’a pas été épargnée par ce fléau de l’érosion accélérée et
généralisée que les sociologues américains ont qualifié de «suicide collectif
d’un continent ». Le plus grave, c’est qu’il ne s’agit pas d’un continent, mais
de quatre, seule l’Europe Occidentale pouvant être considérée comme relativement en équilibre au point de vue du maintien du sol. Encore doit-on
faire des réserves pour l’Espagne, l’Italie et les Balkans assez fortement
atteints par l’érosion fluviale et la Russie par l’érosion éolienne.
PÈCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
l’érosion était en train de ruiner 349 autres millions d’hectares de pâturages
et de forêts et que cette perte mortelle de substance se poursuivait à la cadence
de 600 hectares par jour (dont 120 de terres cultivées), soit 220 000 hectares
chaque année au total.
En Amérique le problème de l’érosion des sols a surtout fait parler de lui
aux États-Unis. Un vaste mouvement de restauration y a pris naissance ces
dernières années. Il existe cependant de la même façon un peu partout :
Mexique, Colombie, Chili, République Argentine...
En Afrique, le même problème de l’érosion s’aggrave encore du fait de
la latérisation, maladie des sols qui ne pardonne pas. Les sols africains,
les plus pauvres et les plus fragiles du monde, sont souvent formés de 10 à
50 pour cent d’hydrate d’aluminium (terrains latéritiques). Une fois déboisés,
sous l’influence de la pluie et du soleil, ils sont vite transformés, en latérite,
véritable brique improductive, avec 90 pour cent d’hydrate d’aluminium.
Qu’il s’agisse du Congo, de l’Afrique Occidentale, de l’Afrique du Sud, la
stérilisation des terres se poursuit à une allure terrifiante. A Madagascar
90 pour cent des terres seraient déjà devenues inutilisables.
Boudy (1951) nous rappelle que l’économiste Vogt (1948), qui reconnaît
la sagesse des procédés de culture de l’Europe Occidentale, est particulièrement sévère vis-à-vis de l’Amérique et surtout du Continent Noir qu’il
appelle la Terre qui meurt : « C’est ici le premier continent qui après l’Asie
a eu à supporter le fardeau de la civilisation, se traduisant par une déshydratation progressive... L’histoire de l’Afrique est, depuis son intégration dans
le monde européen, conduite par une force interne inexorable : sur un milieu
défavorable, d’une basse capacité nourricière, on a imposé une dégénérescence progressive à la végétation naturelle et abouti, d’une part à une perte
de la majeure partie de l’eau et d’autre part à une érosion intense».
L’Australie n’a pas été épargnée par ce fléau de l’érosion accélérée et
généralisée que les sociologues américains ont qualifié de «suicide collectif
d’un continent ». Le plus grave, c’est qu’il ne s’agit pas d’un continent, mais
de quatre, seule l’Europe Occidentale pouvant être considérée comme relativement en équilibre au point de vue du maintien du sol. Encore doit-on
faire des réserves pour l’Espagne, l’Italie et les Balkans assez fortement
atteints par l’érosion fluviale et la Russie par l’érosion éolienne.
