SUCCESSIONS ÉCOLOGIQUES. ÉROSION ACCÉLÉRÉE
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de tabac, de café, poursuivies sans engrais, sans fumier, sans jachère, sans
assolement avec intercalage de légumineuses nitrifiantes. Ces cultures épuisantes firent perdre au sol son humus et le rendirent de plus en plus léger,
le laissant par surcroît sans aucune couverture végétale entre deux récoltes,
et cela dans des pays à climats assez extrêmes. Arriva un jour où le sol ne
résista plus devant les orages et leur ravinement, et devant les grands vents
qui en emportèrent une bonne partie (1.21 — 7.51).
A ces erreurs d’exploitation culturale, d’ordre général, doivent encore
être ajoutés les abus du drainage et les assèchements inconsidérés de marais.
Il ne faut pas oublier en effet qu’un drainage, s’il enlève à une terre son excès
d’eau, la lessive par ce fait même et lui fait perdre ses éléments fertilisants
et son humus. Avant de recourir au drainage, mieux vaut d’abord augmenter
au maximum la faculté d’absorption d’eau de la terre par des façons culturales
appropriées. Cette eau, retenue par la terre, sera ensuite tout bénéfice pour
les besoins des récoltes à venir. Assécher des marais pour les transformer en
pâturages ou en terres de culture peut évidemment être une bonne opération,
à la condition toutefois que leur sol soit suffisamment solide pour supporter
sans fatigue bois, pâturages ou cultures. Dans le cas contraire, mieux vaut
les laisser en eau, qui au moins préserve le sol, et donne souvent en poisson
et gibier plus de revenus que n’en aurait donnés l’assèchement. Dans un
état aussi peuplé que celui de New York plusieurs marais qui avaient été
mis en culture ont été remis en eau.
7.51. Résultats de l’érosion accélérée
Au total, l’érosion accélérée, conséquence du déboisement, de la surcharge
des pâturages en montagne et de mauvaises pratiques culturales a pour résultat :
(1) D’augmenter considérablement le ruissellement, générateur de torrents
dévastateurs, au détriment des eaux d’infiltration, génératrices de sources.
(2) De transformer par cela même des cours d’eau réguliers, à eau limpide
et poissonneux, en torrents et fleuves dévastateurs pauvres en poissons.
(3) De diminuer chaque année sur notre planète le nombre d’hectares de
terres cultivables dont les principes fertilisants sont enlevés par le vent et
le ruissellement.
(4) En définitive de conduire vers le désert des régions habitées et cultivées et plus anciennement encore, boisées.
En veut-on quelques exemples :
Malgré son climat tempéré, malgré son sol stable, malgré le magnifique
travail de restauration de ses terrains de montagne poursuivi avec succès
depuis 80 ans par ses forestiers, la France n’a pas évité totalement ce fléau
de l’érosion accélérée.
Les Alpes, autrefois couvertes de forêts, furent mises à nu, parfois
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de tabac, de café, poursuivies sans engrais, sans fumier, sans jachère, sans
assolement avec intercalage de légumineuses nitrifiantes. Ces cultures épuisantes firent perdre au sol son humus et le rendirent de plus en plus léger,
le laissant par surcroît sans aucune couverture végétale entre deux récoltes,
et cela dans des pays à climats assez extrêmes. Arriva un jour où le sol ne
résista plus devant les orages et leur ravinement, et devant les grands vents
qui en emportèrent une bonne partie (1.21 — 7.51).
A ces erreurs d’exploitation culturale, d’ordre général, doivent encore
être ajoutés les abus du drainage et les assèchements inconsidérés de marais.
Il ne faut pas oublier en effet qu’un drainage, s’il enlève à une terre son excès
d’eau, la lessive par ce fait même et lui fait perdre ses éléments fertilisants
et son humus. Avant de recourir au drainage, mieux vaut d’abord augmenter
au maximum la faculté d’absorption d’eau de la terre par des façons culturales
appropriées. Cette eau, retenue par la terre, sera ensuite tout bénéfice pour
les besoins des récoltes à venir. Assécher des marais pour les transformer en
pâturages ou en terres de culture peut évidemment être une bonne opération,
à la condition toutefois que leur sol soit suffisamment solide pour supporter
sans fatigue bois, pâturages ou cultures. Dans le cas contraire, mieux vaut
les laisser en eau, qui au moins préserve le sol, et donne souvent en poisson
et gibier plus de revenus que n’en aurait donnés l’assèchement. Dans un
état aussi peuplé que celui de New York plusieurs marais qui avaient été
mis en culture ont été remis en eau.
7.51. Résultats de l’érosion accélérée
Au total, l’érosion accélérée, conséquence du déboisement, de la surcharge
des pâturages en montagne et de mauvaises pratiques culturales a pour résultat :
(1) D’augmenter considérablement le ruissellement, générateur de torrents
dévastateurs, au détriment des eaux d’infiltration, génératrices de sources.
(2) De transformer par cela même des cours d’eau réguliers, à eau limpide
et poissonneux, en torrents et fleuves dévastateurs pauvres en poissons.
(3) De diminuer chaque année sur notre planète le nombre d’hectares de
terres cultivables dont les principes fertilisants sont enlevés par le vent et
le ruissellement.
(4) En définitive de conduire vers le désert des régions habitées et cultivées et plus anciennement encore, boisées.
En veut-on quelques exemples :
Malgré son climat tempéré, malgré son sol stable, malgré le magnifique
travail de restauration de ses terrains de montagne poursuivi avec succès
depuis 80 ans par ses forestiers, la France n’a pas évité totalement ce fléau
de l’érosion accélérée.
Les Alpes, autrefois couvertes de forêts, furent mises à nu, parfois
