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PÊCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
tout au long de leur cours, ensevelissant des villages entiers sous leurs cônes
de déjection.
Au printemps, la neige accumulée tout l’hiver se trouve être exposée
directement aux chauds rayons du soleil, sans interposition du couvert de la
forêt. Il lui faut, en moyenne un mois de moins pour fondre, ce qui provoque
d’énormes crues de printemps. Crues de pluies ou de fonte des neiges déposent
vases et sables dans les basses vallées des grands fleuves dont le lit s’exhausse
de plus en plus et devient de moins en moins capable de contenir les crues
qui donnent alors lieu à des inondations catastrophiques. C’est ainsi qu’un
cours d’eau primitivement poissonneux, à débit régulier, à eau claire, à
température relativement modérée et régulière, se transforme en torrent et
fleuve dévastateur, à faible débit, faible largeur, forte température en été,
et à crues soudaines et chargées de limon en période de pluies ou de fonte
de neige.
7.501. Surcharge des pâturages en montagne
En surchargeant ses pâturages, l’homme élimine les espèces d’herbes
vivaces qui demandent plusieurs années pour fleurir et se reproduire, au
bénéfice des espèces annuelles qui produisent moins d’humus, qui ont des
racines beaucoup moins fortes, moins profondes, et qui tiennent moins bien
le sol. De diverses études faites sur la question, retenons les chiffres obtenus
pour les terrains granitiques de l’Idaho : là où des pâturages composés de
plantes annuelles laissent s’écouler en ruissellement 61 pour cent des précipitations et perdent 16 tonnes de sol par hectare, les pâturages composés de
plantes vivaces ne laissent s’écouler en ruissellement que 0,5 pour cent des
précipitations et perdent à peine 7 kilogrammes de sol par hectare (Frank
et Net Boy, 1950).
Dans une surcharge plus importante, le piétinement continu des animaux
arrive à faire perdre au sol sa porosité. De son côté, broutée sans arrêt, l’herbe
même annuelle perd de sa vigueur et tient encore moins bien le sol. Par
endroit elle meurt ou est arrachée, des fissures se forment dans le tapis végétal.
Le ravinement commence et s’étend rapidement. L’érosion à proprement
parler fluviale ne se limite plus à la lente migration des sources vers l’amont,
elle s’attaque à la terre même de tout un bassin versant.
7.502. Mauvaises pratiques culturales
Dans la mise en culture des pays neufs, les colons ne se sont pas préoccupés
de maintenir et d’accroître pour leurs arrière-petits-enfants la valeur de leur
ferme. Il y avait de la terre à revendre, et à prendre, ils n’avaient que faire
des vieux préceptes de culture de « bon père de famille » de la vieille Europe,
dont les disciplines, restes d’une féodalité révolue, leur étaient odieuses. Produire au meilleur prix pour accaparer les marchés mondiaux, tels furent les
règles qui commandèrent entre autres les cultures de blé, de maïs, de coton,
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