SUCCESSIONS ÉCOLOGIQUES. ÉROSION ACCÉLÉRÉE
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élevés dérivait aussi dans les anfractuosités du sol. Aussi, en tous lieux couraient les flots généreux des sources et des fleuves.
« Et, pour tous ces faits, de nos jours encore, les sanctuaires qui subsistent
en l’honneur des sources anciennes, témoignent que le présent récit est véridique. »
Platon, Critias, 111 b, c, d.
Les successions écologiques sont en général modifiées de façon durable
par les activités permanentes de l’homme. Lorsque la lande ou la forêt naturelle cède le pas aux cultures, il y a là un progrès, tout au moins passager,
pour autant que le progrès se mesure au bénéfice retiré par l’homme. 11 en est
de même lorsque, sous les tropiques, de maigres pâturages cèdent la place
à des étangs gros producteurs de protéines pour la population.
Malheureusement, au cours de son histoire, l’homme n’a pas su défricher
ses forêts, exploiter ses pâturages, diriger ses cultures avec la sagesse désirable,
et il a trop souvent, de façon inconsidérée, accéléré dangereusement le phénomène naturel de l’érosion. La conséquence en fut et en est encore la dégradation des terres, l’assèchement des rivières, et pour finir l’extension des déserts.
Gela, alors que la population humaine tend à s’accroître suivant une progression géométrique, comme toute population n’ayant pas encore atteint
la «charge utile» de son habitat (1.21 — 5.132).
Les déserts de la Chine du Nord, de la Perse, de la Mésopotamie et du
Sahara ne correspondent pas à un véritable climax climatique. Ces linceuls
qui ont enseveli de vieilles civilisations sont de véritables disclimax, fruits
d’une érosion accélérée imprudemment déclenchée (Read, 1951). Malgré ces
exemples lointains, malgré les avertissements plus récents de Platon rappelant
ce que fut l’histoire du sol de la Grèce, les vingt derniers siècles ont ignore
le problème. En le soulevant, Malthus (1798) fut taxé d’illuminé. 11 fallut
attendre presque la moitié du xxe siècle pour que sociologues et économistes
prennent peur devant un problème qualifié aujourd’hui de plus grave que
celui de la bombe atomique. Ce n’est donc pas sortir de notre sujet que de
rappeler quelques notions relatives aux causes et aux conséquences de l’érosion
accélérée.
7.50. Causes de l’érosion accélérée
7.500. Déboisement en montagne
En montagne, le déboisement prive le sol de la couverture vivante qui
le protège contre la pluie et le gel. La couche de sol forestier se désagrège
alors, en surface, puis de plus en plus profondément sous l’effet du gel, des
impacts de la pluie, puis du ruissellement auquel celle-ci donne naissance.
Peu à peu le sol est emporté par ce dernier, laissant la roche à nu. Une fois
parti le sol forestier, véritable éponge accumulatrice, les torrents prennent
naissance, attaquant tout sur leur passage, charriant vases, graviers et sables
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