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PÊCHES CONTINENTALES. FONDEMENTS ÉCOLOGIQUES
Sous l’influence de circonstances spéciales, physiques ou biotiques, il
arrive que le processus de décomposition et de minéralisation des végétaux
morts ne puisse se faire totalement. Il y a alors accumulation progressive de
matériaux humiques, et des lacs, d’oligotrophes qu’ils étaient au début, passent
au stade dystrophe (5.422,02) au lieu de passer au stade eutrophe, puis à
l’état de tourbières qui finissent également par céder le pas à la forêt.
Cette évolution se fait à des vitesses variables. Vitesse nulle dans certains
cas exceptionnels où il n’y a pas de succession (7.302,2). Vitesse importante
dans le cas de lacs peu profonds recevant les eaux de ruissellement de terres
cultivées, cas de nombreux lacs du Danemark (Strôm, 1928). Cette vitesse
s’accélère au fur et à mesure que la profondeur décroît. On estime à l’heure
actuelle qu’un lac comme le lac de Constance, en Suisse a, malgré sa taille,
déjà la moitié de son existence derrière lui, et qu’il sera comblé d’ici environ
12 000 ans.
Il est à noter que pour les lacs et les rivières des régions tempérées les
espèces de poissons les plus appréciées par l’homme, tant du point de vue
sport que gastronomie, sont les espèces d’eaux froides ou tempérées froides
des stades pionniers ou intermédiaires des successions écologiques et non les
espèces du climax ou quasi climax qui, elles, correspondent au maximum de
productivité.
La figure 7.5 donne une représentation schématique de l’évolution d’un
certain nombre de caractéristiques des plans d’eau, de leur faune et de leur
pêche, au cours de ce phénomène des successions écologiques.
7.5. DISCLIMAX DÛ A L’ÉROSION ACCÉLÉRÉE
« ... Ainsi qu’on peut s’en rendre compte dans les petites îles, notre terre
(La Grèce) est demeurée, par rapport à celle d’alors, comme le squelette d’un
corps décharné par la maladie. Les partie grasses et molles de la terre ont
coulé tout autour, et il ne reste plus que la carcasse nue de la région.
« Mais en ce temps-là, encore intacte, la Grèce avait pour montagnes de
hautes ondulations de terre ; les plaines qu’on appelle aujourd’hui champs
de Phelleus, étaient couvertes d’une glèbe grasse ; il y avait sur les montagnes
de vastes forêts, dont il reste encore maintenant des traces visibles. Car,
parmi ces montagnes, qui ne peuvent plus nourrir que les abeilles, il y en a
sur lesquelles on coupait encore, il n’y a pas très longtemps, de grands arbres
propres à bâtir les plus grandes constructions, dont les revêtements subsistent
encore.
« Il y avait aussi beaucoup de hauts arbres cultivés et la terre donnait
aux troupeaux une pâture inépuisable. L’eau fécondante de Zeus qui s’y
écoulait chaque année ne ruisselait pas en vain comme aujourd’hui pour aller
se perdre de la terre stérile dans la mer. La terre en avait dans son sein et
elle en recevait du ciel une quantité qu’elle mettait en réserve dans celles de
ses couches que l’argile rendait imperméable ; l’eau qui tombait des endroits
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