SUCCESSIONS ÉCOLOGIQUES. CARACTÉRISTIQUES
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7.320. Invasion
Nous avons vu que, sous l’effet d’une compétition interspécifique prédominante (entre plusieurs espèces), les espèces tendaient à réduire leur aire
de répartition aux seuls secteurs d’un habitat correspondant à leurs conditions
biologiques optima. Nous savons que, par contre, sous l’effet d’une compétition intraspécifique prédominante (à l’intérieur d’une même espèce) l’espèce
qui en souffre a tendance, pour y échapper, à étendre son aire de répartition
à des secteurs moins favorables (5.61).
Les espèces sujettes à une compétition intraspécifique importante auront
donc normalement tendance à émigrer des habitats où elles existent et par
cela même à occuper des terrains vierges, ou des niches vides de terrains
déjà peuplés, pour peu que les conditions y prévalant ne soient pas incompatibles avec leurs impératifs biologiques. Elles ne pourront toutefois y parvenir
qu’à la condition qu’aucune barrière ne s’oppose à leur passage.
En matière d’écologie des eaux douces, nous avons vu que les bassins
fluviaux, et a iortiori les lacs sans connection avec eux, se trouvaient isolés
les uns des autres par des barrières constituées par la terre et la mer (5.24).
Nombre d’organismes de petite taille, tels les bactéries, les algues du phytoplancton, les protozoaires, voire de petits crustacés du zooplancton, ont des
formes de vie latente aussi résistantes que minuscules qui peuvent être transportées par le vent, les oiseaux ou les expéditions de toute nature d’une contrée
ou d’un continent à l’autre. Ces espèces sont en conséquence des pionniers
par nature. Pour les poissons, les barrières constituées par la terre et la mer
sont beaucoup plus efficaces. C’est ainsi que l’on peut voir dans deux rivières
voisines, mais sans connection, des niches analogues occupées par des espèces
différentes. C’est ainsi que l’on peut expliquer l’existence d’un nombre encore
important de lacs vierges de poissons et l’absence totale de poissons dans
certaines îles comme les Kerguelen où ils n’ont pas eu encore de possibilité
d’invasion.
Dans un écosystème physiquement continu (par exemple un bassin fluvial
sans barrage artificiel) les barrières peuvent être climatiques ou biologiques :
espèces d’un affluent ne pouvant aller coloniser un autre affluent analogue,
parce que ne pouvant traverser et vivre dans le parcours intermédiaire, soit
que ce dernier ait des eaux trop chaudes, soit que son degré de pollution soit
trop fort, soit que la niche correspondant à cette espèce y soit déjà occupée
par une autre (une espèce par niche 2.4).
7.321. Différenciation de nouvelles « espèces » ou « races locales »
Les espèces qui ont pris pied dans un nouvel habitat, à climat (au sens
large) plus ou moins différent de celui sous lequel elles vivaient, ne vont pas
avoir leur évolution propre arrêtée pour cela. Quelle sera dans ce nouvel
habitat l’importance relative des mutations qu’elles subiront, de la sélection
naturelle, de la prédominance d’écotypes différents de ceux qui prédominaient
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7.320. Invasion
Nous avons vu que, sous l’effet d’une compétition interspécifique prédominante (entre plusieurs espèces), les espèces tendaient à réduire leur aire
de répartition aux seuls secteurs d’un habitat correspondant à leurs conditions
biologiques optima. Nous savons que, par contre, sous l’effet d’une compétition intraspécifique prédominante (à l’intérieur d’une même espèce) l’espèce
qui en souffre a tendance, pour y échapper, à étendre son aire de répartition
à des secteurs moins favorables (5.61).
Les espèces sujettes à une compétition intraspécifique importante auront
donc normalement tendance à émigrer des habitats où elles existent et par
cela même à occuper des terrains vierges, ou des niches vides de terrains
déjà peuplés, pour peu que les conditions y prévalant ne soient pas incompatibles avec leurs impératifs biologiques. Elles ne pourront toutefois y parvenir
qu’à la condition qu’aucune barrière ne s’oppose à leur passage.
En matière d’écologie des eaux douces, nous avons vu que les bassins
fluviaux, et a iortiori les lacs sans connection avec eux, se trouvaient isolés
les uns des autres par des barrières constituées par la terre et la mer (5.24).
Nombre d’organismes de petite taille, tels les bactéries, les algues du phytoplancton, les protozoaires, voire de petits crustacés du zooplancton, ont des
formes de vie latente aussi résistantes que minuscules qui peuvent être transportées par le vent, les oiseaux ou les expéditions de toute nature d’une contrée
ou d’un continent à l’autre. Ces espèces sont en conséquence des pionniers
par nature. Pour les poissons, les barrières constituées par la terre et la mer
sont beaucoup plus efficaces. C’est ainsi que l’on peut voir dans deux rivières
voisines, mais sans connection, des niches analogues occupées par des espèces
différentes. C’est ainsi que l’on peut expliquer l’existence d’un nombre encore
important de lacs vierges de poissons et l’absence totale de poissons dans
certaines îles comme les Kerguelen où ils n’ont pas eu encore de possibilité
d’invasion.
Dans un écosystème physiquement continu (par exemple un bassin fluvial
sans barrage artificiel) les barrières peuvent être climatiques ou biologiques :
espèces d’un affluent ne pouvant aller coloniser un autre affluent analogue,
parce que ne pouvant traverser et vivre dans le parcours intermédiaire, soit
que ce dernier ait des eaux trop chaudes, soit que son degré de pollution soit
trop fort, soit que la niche correspondant à cette espèce y soit déjà occupée
par une autre (une espèce par niche 2.4).
7.321. Différenciation de nouvelles « espèces » ou « races locales »
Les espèces qui ont pris pied dans un nouvel habitat, à climat (au sens
large) plus ou moins différent de celui sous lequel elles vivaient, ne vont pas
avoir leur évolution propre arrêtée pour cela. Quelle sera dans ce nouvel
habitat l’importance relative des mutations qu’elles subiront, de la sélection
naturelle, de la prédominance d’écotypes différents de ceux qui prédominaient
